La KU Leuven teste sur des souris un prototype de vaccin contre le Covid-19

Un laboratoire de l'hôpital de référence de la KULeuven (Brabant flamand) a développé un prototype de vaccin contre le nouveau coronavirus. Ce vaccin a été injecté à des souris et les résultats sont attendus dans une dizaine de jours. Le virologue louvaniste Johan Neyts (photo) se dit "raisonnablement optimiste" quant au résultat. Il faudra cependant au moins un an et demi avant qu’un éventuel vaccin soit prêt à être administré.

Les chercheurs ont assemblé le prototype en recourant à la technologie dite du "passe-partout", qui consiste à insérer un morceau de code génétique dans le vaccin mis au point il y a 80 ans contre la fièvre jaune, en fonction de la maladie à contrôler. Cette technique a déjà été utilisée pour développer un vaccin expérimental contre le virus Ebola.

"Sur base des résultats des tests que nous avons déjà effectués en culture cellulaire, j'ai bon espoir concernant le résultat. Il reste cependant à voir si le système immunitaire des souris testées produira les anticorps nécessaires. Il nous faudra attendre une dizaine de jours pour le savoir", déclare le virologue Johan Neyts (KUL).

Dans quelques jours, les chercheurs commenceront également à tester les 18.500 substances des principes actifs des médicaments existants afin de déterminer s'il existe un inhibiteur du coronavirus. Provenant d'un laboratoire en Californie, ces substances seront acheminées vers Louvain grâce à l'aide financière de la Fondation Bill-et-Melinda Gates. Trois mille cinq cents autres substances de l'organisation louvaniste CD3 (Centre for Drugs Design and Discovery) seront également testées. Les résultats sont attendus environ deux semaines après la réception des substances.

Plusieurs phases

Mais avant que le candidat vaccin, qui commence à être testé sur des souris à Louvain, puisse être administré à des êtres humains, il faudra un certain temps. "Actuellement, nous travaillons avec un prototype du vaccin. On ne peut l’injecter à un être humain. Un vaccin doit passer par différentes étapes avant de pouvoir être mis sur le marché. Il doit d’abord être confronté à plusieurs contrôles de qualité rigoureux", indique Johan Neyts.

La prochaine étape sera de tester le vaccin sur des bénévoles en bonne santé. "Nous pourrons alors voir si le vaccin est sûr et efficace. Si c’est le cas, nous pourrons alors le tester sur des personnes contaminées au coronavirus. Dans ce cas-là, il faut aussi toujours avoir en parallèle un groupe de contrôle, un groupe de personnes qui reçoivent un placebo", précise le virologue louvaniste.

"Il y a donc différentes phases à traverser. Nous commencerons par tester sur une dizaine de personnes, puis sur un millier, puis 3.000, et ainsi de suite".

Si tout se passe comme espéré, le vaccin contre le nouveau coronavirus sera prêt au plus tôt dans 18 mois, c’est-à-dire à l’été 2021. Ce qui serait rapide, indique Neyts. "Ce serait la première fois qu’un vaccin est développé en 18 mois, en partant de zéro jusqu’à le rendre accessible".

BORDIGNON V._BELGIAN DEFENSE