Christeyns

Le coronavirus pousse le fabricant de gel désinfectant Christeyns à tripler sa production

L’usine gantoise Christeyns, spécialisée dans les poudres à lessiver et les détergents, a triplé sa production de gel désinfectant. Christeyns produit principalement ce gel dans une usine à Vertou, en France. Actuellement, avec le coronavirus, on y produit  3000 tonnes par an au lieu des 1000 tonnes, en temps normal.

La demande en matière de gel désinfectant pour les mains est énorme. "Même maintenant que nous avons triplé la production, la demande est toujours au moins dix fois supérieure à ce que nous pouvons fournir", déclare le directeur général Jef Wittouck au siège de Christeyns à Gand. L'entreprise française n'est pas la seule qui produit de tels gels. Christeyns possède également des usines en Grande-Bretagne et en Italie qui peuvent produire des gels désinfectants. Mais la branche française est l'usine qui fait le plus de volume. La production est maintenant passée de 1 000 tonnes par an à 3 000 tonnes par an.

Pour pouvoir augmenter la production, Christeyns n'a pas commandé de nouvelles machines, mais a eu recours à de la main d'œuvre supplémentaire et au travail du week-end. "Si vous voulez vraiment augmenter la capacité en installant des machines supplémentaires, cela prend beaucoup plus de temps", a déclaré Jeff Wittouck, "le recrutement de personnel supplémentaire est plus rapide".

D'ailleurs, ce n'est pas seulement la vitesse qui joue un rôle dans la décision de ne pas acheter de nouvelles machines. Lorsque l'épidémie du nouveau coronavirus sera terminée, la demande de gel s'effondrera à nouveau.

Nous avons déjà vécu ça il y a 10 ans

"Nous avons vécu quelque chose de similaire il y a dix ans. Lorsque une épidémie de ce que l'on a appelé la "grippe mexicaine" ou la "grippe aviaire" est apparue. Soudain, la demande de produits désinfectants a été très forte. Mais une fois la crise terminée, il s'est avéré que tous les entrepôts étaient remplis de ces produits. Le marché a ensuite été déséquilibré pendant deux ans. "Au final, nous avons même dû détruire des produits parce que la date limite de consommation était dépassée".

"C'est un peu exagéré", ajoute Jeff Wittouck, "on en parle dans tous les médias tout le temps, tout le monde s'inquiète et - je le vois bien – on se lave les mains beaucoup plus souvent qu'avant". Mais une fois que les médias n’en parleront plus, chacun retournera à ses anciennes habitudes".

D’abord nos clients fidèles

La demande étant tellement supérieure à l'offre, il n'est pas facile de satisfaire tout le monde. "Tout le monde demande maintenant beaucoup plus que ce qui est réellement disponible, alors malheureusement nous devons souvent dire non". Les clients réguliers et fidèles ont la priorité et nous tentons de nous répartir les autres.

Une pression énorme pèse sur nous

L'impact sur l'entreprise est important, car tout le monde s'en mêle", admet Jeff Wittouck. "En France, nous avons été confronté à la pression du bureau du Premier ministre, les syndicats interviennent et même les personnes vivant près de l'usine en France viennent devant la porte pour demander si elles peuvent obtenir du gel désinfectant. L'attention est phénoménale. Le fait que même le quotidien américain New York Times ait consacré un article à l'augmentation de la production est frappant.

Les prix ne seront pas modifiés

La liste des prix n'a pas changé depuis l'apparition du nouveau coronavirus et, selon la société, cela ne se produira pas. "Le type de produits que nous proposons, à savoir des produits et systèmes de nettoyage professionnels et industriels, sont des produits que l'on utilise sur le long terme. Nous espérons, bien sûr, pouvoir convaincre de nouveaux clients et les garder longtemps, mais nous ne recherchons pas le profit rapide".

D'ailleurs, la demande énorme pour tout ce qui concerne la désinfection crée un problème supplémentaire pour Christeyns. Les gros clients veulent des garanties que Christeyns pourra continuer à les livrer, quoi qu'il arrive. Ils veulent aussi que cela soit écrit noir sur blanc. Christeyns peut-elle offrir cette garantie dans un marché soumis à une telle pression ?

"Nous avons des usines dans quatorze pays en Europe, nous pouvons donc déplacer un peu la production si nécessaire. Nous disposons également d'entrepôts dans toute l'Europe avec un approvisionnement de quatre semaines. Nous disposons donc de réserves".

Les gouvernements peuvent avoir un impact sérieux sur les opérations des entreprises. Par exemple, des appels sont lancés en France pour interdire l'exportation d'un certain nombre de produits. "Si votre principale usine pour un certain type de produit se trouve en France et que vous n'êtes plus autorisé à l'exporter hors de France, vous pouvez avoir des problèmes. Mais pour l'instant, c’est encore théorique".

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