Christophe Vandercam / Photo News

Des experts et les recteurs flamands mettent en garde contre le covid-19 et appellent à des mesures strictes

Des experts de la lutte contre les maladies infectieuses ont appelé les autorités à prendre des initiatives fortes pour faire face à l'épidémie de coronavirus. "Si nous voulons éviter un scénario à l'italienne, les autorités doivent immédiatement prendre des mesures plus avancées. Ce virus est sérieux. Notre système de soins de santé risque d'imploser", affirment ces experts dans un communiqué publié jeudi. Ils sont soutenus par les recteurs des cinq universités flamandes.

L'enseignement supérieur au nord du pays a annoncé toute une série de mesures mercredi. Le personnel doit télétravailler le plus souvent possible et l'enseignement à distance devient la norme. Mais il faut bien plus pour endiguer la propagation du Covid-19, estiment ces experts. "Les autorités communiquent des recommandations globales à la population. Mais celles-ci ne sont pas contraignantes et il n'y a donc pas de grande sensibilisation ou d'approche très large", pointent les experts.

Ils appellent à d'autres mesures que les simples recommandations proposées jusqu'ici et préconisent un maximum de télétravail, reporter les réunions, activités, ou voyages non essentiels. Les travailleurs qui ne peuvent pas exercer leur activité de chez eux doivent travailler par phase afin d'éviter d'être en contact avec un trop grand nombre de collègues. Ces mesures doivent être exécutées immédiatement et leur respect strict doit être contrôlé, par un organe unique ayant mandat pour l'ensemble du pays, plaident-ils.

Toutes les réunions, en intérieur ou extérieur, auxquelles doivent participer des individus pendant plusieurs heures doivent être supprimées ou reportées. Quant aux transports publics, la fréquence des véhicules peut être augmentée et la première classe ouverte à l'ensemble des passagers afin de mieux répartir les voyageurs dans les convois.

Les syndicats médicaux appellent à la fermeture des écoles

L'Association belge des syndicats médicaux (Absym) a appelé, jeudi, à ce que les écoles soient fermées "à court terme" en raison de la pandémie du nouveau coronavirus. "Au vu de la croissance continue du nombre de cas, il y a de fortes chances que notre système de santé ne puisse résister", lance l'Absym, qui déclare en avoir "marre de la communication confuse des gouvernements de ce pays".

Ce que veut le syndicat médical: la fermeture à court terme de toutes les écoles, hautes écoles et universités ainsi que l'interdiction de tous les rassemblements de plus de 100 personnes. Il se montre acerbe envers les mesures déjà prises "non contraignantes" et "insuffisantes". "Des mesures fortes sont nécessaires", considère l'Absym.

Pour le syndicat médical, les parcs d'attraction et lieux de rassemblement des enfants devraient fermer leurs portes. Une distance d'un mètre devrait être respectée entre toutes les personnes présentes.

Jambon appelle Wilmès à enclencher la phase fédérale de gestion de crise

Le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) souhaite que la Première ministre Sophie Wilmès (MR) déclenche la phase fédérale de gestion de crise face à la propagation du coronavirus dans notre pays. Il a transmis sa demande après avoir rencontré les cinq gouverneurs de province flamands.

La "phase fédérale" de gestion de crise permettrait de mettre en place des mesures homogènes, coordonnées au niveau fédéral. On éviterait ainsi que certaines provinces n'enclenchent la "phase provinciale" tandis que d'autres ne le font pas, y explique-t-on. Passer à une phase fédérale de gestion de crise permet de convoquer différents organes au sein du Centre de crise National, dont une cellule de gestion qui doit normalement être présidée par le ministre fédéral de l'Intérieur. 

Mercredi, le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA), avait également appelé à prendre en mains au niveau fédéral la gestion de la crise du coronavirus. Le président de parti avait appelé au déclenchement du plan catastrophe à l'échelle nationale.

Wilmès n’exclut pas des mesures supplémentaires au niveau national

"S'il y a un moment où nous devons montrer notre cohérence et notre solidarité, c'est maintenant", a lancé jeudi la Première ministre Sophie Wilmès à la Chambre, au cours d'un débat consacré à la pandémie de coronavirus. 

Un Conseil National de Sécurité se réunira en fin d'après-midi, auquel seront associés les ministres-présidents, à l'issue duquel de nouvelles mesures devraient être annoncées sur la base de recommandations scientifiques, avant d'être mises en œuvres par les niveaux de pouvoir compétents. Une communication de presse serait prévue vers 18 heures pour annoncer d'éventuelles nouvelles mesures.

"Il va de soi que, si la situation exige que des mesures soient prises au niveau national, elles le seront", a assuré Sophie Wilmès.