Formation fédérale: une majorité de députés CD&V envisage de lâcher la N-VA

La majorité du groupe CD&V à la Chambre a demandé à la direction du parti d'accepter au moins de discuter avec les autres partis d'une potentielle coalition Vivaldi avec les socialistes, les libéraux et les  écologistes, indique jeudi Het Nieuwsblad. Selon eux, la fidélité affichée par le parti à la N-VA ne risque que de précipiter de nouvelles élections qui se traduiraient par une nouvelle défaite pour les chrétiens-démocrates flamands.

Le week-end dernier, le président du CD&V Joachim Coens avait considéré la situation politique suffisamment délicate pour interroger les membres du parti, qui s'étaient prononcés aux deux tiers pour le maintien d'un gouvernement reposant aussi sur une majorité côté flamand.

Une telle majorité n'est pas possible sans la N-VA, mais des voix s'étaient élevées pour critiquer le sondage même. "Nous sommes piégés et personne n'est suffisamment lucide pour faire la bonne analyse. La seule vraie question dans le sondage aux membres aurait dû être: voulez-vous la Vivaldi ou de nouvelles élections? ", indique un député CD&V de premier plan.

En tout état de cause, une grande partie du groupe CD&V à la Chambre, pour ne pas dire l'ensemble du groupe, est agacé par l'attitude de la direction du parti, selon le quotidien flamand. Ils disent constater l'impasse actuelle due selon eux à la N-VA et au PS. "Ça ne marche tout simplement pas. On a fait de notre mieux, mais on ne peut pas contraindre les deux plus grands partis", souligne un député. Il rappelle que même le vice-Premier ministre CD&V Koen Geens a constaté l'échec de la piste alliant nationalistes et socialistes en parlant "d'acharnement thérapeutique".

Le CDH et DéFi pour un gouvernement de plein exercice

"Il ne faut pas un gouvernement d'urgence, il faut d'urgence un gouvernement": tel est le message délivré jeudi par les présidents du CDH Maxime Prévot et de DéFI François De Smet, neuf mois après les élections. Ils plaident pour une coalition arc-en-ciel étendue à l'une de leurs deux formations.

"Aujourd'hui, la situation est d'une gravité exceptionnelle et demande des solutions rapides. Crise économique, perspectives financières dramatiques, pandémie mondiale, crise migratoire potentielle: jamais, dans l'histoire récente, notre pays n'a dû faire face à une constellation de crises aussi forte, avec un gouvernement aussi faible et dépourvu de légitimité. Nous ne pouvons plus attendre", affirment ces deux présidents.

MM Prévot et De Smet disent tirer les conclusions du blocage politique actuel qu'ils attribuent aux grands partis: "tout indique que la détermination du PS à ne pas gouverner avec la N-VA est égale à la détermination du CD&V de gouverner avec elle, et qu'aucun des acteurs en présence ne cèdera. Tout indique aussi qu'il n'existe pas de majorité possible autour de la N-VA." A leurs yeux, un gouvernement d'urgence dépourvu de majorité parlementaire serait intenable et de nouvelles élections impensables "dans un contexte aussi destructeur pour notre économie, la santé de nos citoyens, et l'avenir du pays."

Le CDH, qui est en pleine opération de refondation après sa lourde défaite électorale, ne pèse plus que cinq sièges à la Chambre. Il a opté pour l'opposition sauf en cas de situation exceptionnelle. DéFI ne pèse lui que deux sièges. Mais leur alliance à une coalition arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes du nord et du sud du pays) ouvrirait la porte à une majorité plus ou moins courte: une "petite Vivaldi" de 80 sièges sur 150 avec le CDH, une "coalition 77" d'autant de sièges avec DéFI.

Les plus consultés