L'enseignement supérieur flamand passe au numérique jusqu’au 19 avril

Les institutions flamandes de l'enseignement supérieur annoncent ce vendredi, au compte-gouttes, leur passage à un mode d'enseignement à distance, à la suite des mesures prises pour contenir la propagation du coronavirus. Les universités francophones avaient déjà pris une telle mesure jeudi.

Les bâtiments de l'Université de Gand (UGent) ne seront ainsi plus accessibles aux étudiants à partir de lundi. Ils bénéficieront, jusqu'au 19 avril, de cours en ligne. Les activités éducatives qui ne peuvent être reportées sont annulées. L'ensemble des membres du personnel, soit plus de 13.000 personnes, est contraint au télétravail. S'il est impossible de travailler à domicile, il faut limiter les contacts avec les autres individus, précise l'université. Elle demande de garder une distance d'un mètre minimum entre les personnes, de s'arrêter régulièrement et de désinfecter fréquemment les surfaces de travail et appareils utilisés.

Après les nouvelles mesures édictées jeudi soir par les autorités fédérales, la Vrije Universiteit Brussel (VUB) a décidé de passer entièrement à un mode d'enseignement virtuel alors qu'elle autorisait encore les cours donnés à un maximum de 50 personnes jeudi, si cela s'avérait nécessaire. La seule exception: les recherches critiques en laboratoires qui peuvent se poursuivre, avec une présence minimale de personnes. µ

Les cafés, restaurants, installations sportives et culturelles, bibliothèques, centre d'étude, salles de réunion et points de contacts physiques sont fermés. Le personnel de l'Université Libre néerlandophone bruxelloise est encouragé à faire du télétravail et à limiter autant que possible ses déplacements. Les services pour lesquels une présence sur le campus est nécessaire bénéficieront d'une méthode de travail alternative. Les autres seront organisés à distance par téléphone, courriels ou d'autres canaux comme Skype.

Les étudiants résidant en kot sont encouragés à rentrer chez eux. Des solutions seront proposées à ceux qui ne peuvent regagner leur domicile.

A la KULeuven, toutes les activités éducatives, quelle que soit la taille du groupe, se dérouleront exclusivement de manière numérique jusqu'au 3 avril. Les étudiants sont priés de rester chez eux pour suivre leurs cours. Il est recommandé aux étudiants en kot de rentrer chez eux. Les portes de l'institution universitaire ne resteront ouvertes que pour les activités de recherche et les services de soutien. Pour ceux-ci, la KULeuven encourage un maximum au télétravail. Les bibliothèques restent ouvertes uniquement pour les doctorants et chercheurs. Les voyages à l'étranger dans le cadre du travail et des études sont suspendues jusqu'au 19 avril.

Mesures similaires à l'Université d'Hasselt, dans le Limbourg, qui passe en mode "enseignement à distance" à partir de lundi. Le personnel est là aussi invité à faire du télétravail.

La Erasmushogeschool Brussel (EhB) s'inquiète, elle, de l'impact des mesures prises jeudi par le Conseil national de sécurité sur les stages, étant donné que toute activité récréative, sportive, culturelle ou folklorique est interdite jusqu'au 3 avril. Des étudiants en hôtellerie ou en tourisme pourront souffrir de cette mesure.

La fermeture des écoles aura aussi un impact sur les futurs enseignants, qui ne pourront rattraper les jours de stage perdus pendant l'été. La Haute école Vives, qui a des implantations à Courtrai et Bruges, a, elle, décidé d'octroyer le diplôme aux étudiants en dernière année même s'ils n'auront pas effectué leur stage à cause du Covid-19. Les entreprises doivent décider elles-mêmes si les stages se poursuivent ou non.

Les écoliers reçoivent des devoirs pour trois semaines

Les écoles primaires et secondaires suspendant leurs cours jusqu’au 3 avril inclus, nombre d’enseignants vont donner à leurs élèves des devoirs à faire pendant ce congé forcé. Ainsi les enseignants de l’école primaire De Zonnebloem à Lummen (Limbourg) ont rassemblé un paquet de devoirs pour leurs élèves, indiquait à VRT NWS la directrice Linda Lieten. "J’ai donné aux titulaires des différentes années une heure libre ce vendredi pour qu’ils puissent constituer un dossier de devoirs".

Dans l’école secondaire Kindsheid Jesu à Hasselt (Limbourg), les élèves seront suivis via la plateforme digitale Smartschool. Ils pourront poser des questions à leurs enseignants. "Nous avons encore vite donné quelques ateliers aux enseignants, pour qu’ils sachent comment enregistrer une vidéo, comment réaliser un Powerpoint. Ils pourront ainsi tous mieux se débrouiller avec un ordinateur, ce qui n’est pas une mauvaise chose".

Les deux écoles assureront aussi un accueil pour les enfants qui devraient sinon être sous la garde de leurs grands-parents. A l’école Kindsheid Jesu, peu de parents en auront besoin. A l’école De Zonnebloem, les enfants qui viennent passer la journée se verront prendre la température le matin et le midi. S’ils ont de la fièvre, ils devront rentrer à la maison.