Le gouvernement flamand prépare des mesures de soutien aux secteurs affectés

Le gouvernement fédéral et les Régions flamande, wallonne et bruxelloise étudient ce vendredi des mesures de soutien pour les entrepreneurs, dont notamment ceux de l'horeca qui sont particulièrement touchés par les fermetures obligatoires annoncées jeudi soir par les autorités du pays pour lutter contre la propagation du coronavirus.

"Une série de mesures ont déjà été prises, comme le chômage temporaire. Mais des mesures socio-économiques devront être adoptées à l'avenir, en fonction de la réalité de terrain", a confirmé, vendredi matin, la Première ministre Sophie Wilmès (photo) au micro de la RTBF comme de la VRT. Le cabinet du ministre des Indépendants Denis Ducarme a confirmé avoir déjà pris des contacts avec les fédérations horeca. Une réunion avec celles-ci est prévue dans la journée.

Il y sera notamment discuté des mesures supplémentaires à prendre en faveur du secteur, outre celles déjà prises: la dispense, le report ou la réduction des cotisations sociales, mais aussi le fait de pouvoir bénéficier d'un revenu de remplacement ou encore des mesures en matière fiscale et de chômage économique. Pour la ministre des Affaires sociales Maggie De Block (Open VLD), les entrepreneurs du secteur horeca devraient pouvoir bénéficier, durant un trimestre, d'une exemption de leurs cotisations sociales, après l'annonce de la fermeture dès ce vendredi à minuit de tous les restaurants, cafés et discothèques jusqu'au 3 avril.

"Les conséquences pour l'activité économique, et en particulier pour certains secteurs, sont lourdes", a reconnu le ministre wallon de l'Économie Willy Borsus, qui est en contact avec les organisations d'entrepreneurs et d'indépendants. "Le but de ces concertations est de proposer très rapidement des réponses aux innombrables questions par ailleurs légitimes que se posent les commerçants, les indépendants, l'horeca, les secteurs du transport, du tourisme, etc." Il compte mettre en œuvre "à très courte échéance" des mesures d'aide aux secteurs victimes économiquement de la crise.

"Se pose par exemple la question des produits frais achetés par les restaurateurs pour leur travail des prochains jours, des charges fixes pour les établissements, des conséquences des annulations dans le transport", indiquait Borsus dans un communiqué. La Première ministre Wilmès et Willy Borsus, ainsi que la ministre De Block insistent sur le fait que la priorité absolue reste la santé publique, la gestion sanitaire de la crise et la dimension humaine. "Mais nous n'abandonnerons pas nos PME et indépendants", soulignent-ils.

"C’est terrible pour certains commerçants", reconnait Crevits

Le gouvernement flamand prépare également des mesures économiques ce vendredi, avant tout pour l’horeca, qui craint un bain de sang économique. "La situation est terrible pour certains commerçants, mais il n’y a pas d’autre solution, étant donné les circonstances", reconnaissait la ministre flamande de l’Economie, Hilde Crevits. "Gardez à l’esprit qu’il s’agit de mesures temporaires, qui nous permettent d’éviter pire encore".

Le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a déclaré que le gouvernement flamand est conscient de la nécessité de mesures pour soutenir le commerce et l’horeca. Elles ne seront pas nécessairement un problème pour le budget 2020. "Mais tout dépendra bien entendu de la durée des mesures spéciales", soulignait le ministre flamand des Finances, Matthias Diependaele (photo). "Notre budget est cependant structurellement sain".

Jan Jambon insistait sur le fait que les mesures décidées jeudi soir sont de juste proportion. "Nous avons tout fait pour éviter un lockdown".

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