Médecins urgentistes : "Certains patients ont recours à la violence pour être testés"

Les médecins urgentistes tirent la sonnette d'alarme : "Certaines personnes ont recours à de la violence parfois physique mais certainement verbale pour nous forcer à être dépistées". Par ailleurs, suite à la décision prise par la cellule de gestion du Centre national de crise, tous les hôpitaux du pays suspendent à partir de ce samedi les consultations, interventions et examens non urgents et ce pour une durée indéterminée.

Depuis le renforcement des mesures contre le coronavirus, les services d'urgence sont submergés de patients anxieux. C'est ce qu'affirme Jan Stroobants, président de l'Association belge des médecins urgentistes et chef du service des urgences de l'hôpital général ZNA de Middelheim à Anvers. Le médecin urgentiste Ignace Demeyer (photo ci-dessous), de l'hôpital OLV d'Alost, affirme que certains patients deviennent très agressifs. La ministre de la santé publique Maggie De Block (Open VLD) a entre-temps suspendu toutes les interventions et consultations non urgentes dans les hôpitaux dès ce samedi.

Les laboratoires ne peuvent plus suivre", déclare Jan Stroobants, inquiet. "Je ne vois pas comment nous allons nous en sortir dans les prochaines semaines."
"Chaque patient qui arrive aux urgences avec des problèmes respiratoires doit être testé et reste en isolement pendant une longue période, mais il faut parfois 18 heures avant d'obtenir le résultat", ajoute Jan Stroobants. "D'ici là, ces patients sont traités comme positifs. Ce n'est que si le test s'avère négatif que nous pouvons lever l’isolement. Cette "période de purgatoire" est beaucoup trop longue".

"Nous sommes en train de réorganiser les services", ajoute Jan Stroobants, qui explique les mesures prises dans la ZNA de Middelheim. Il demande au gouvernement de soutenir davantage les équipements de protection : des masques buccaux aux tabliers et aux masques pour les patients qui doivent être ventilés.

Vols de masques et patients agressifs

Ignace Demeyer, médecin urgentiste et chef du service des urgences de l'hôpital OLV d'Alost, se plaint de nombreux vols de masques buccaux dans l'hôpital. Il parle de boîtes entières de masques buccaux qui "disparaissent". "Cela prend des proportions hallucinantes", a-t-il déclaré » vendredi dans "Terzake" (VRT).

Ignace Demeyer se plaint que certains patients se comportent de manière très agressive. "Ils nous forcent presque à leur faire passer un test. Cela s'accompagne parfois de violences physiques et certainement verbales". Le médecin urgentiste lance un appel au public. "Nous demandons aux gens de ne pas venir aux urgences s'ils ne sont pas gravement malades. Contactez d’abord votre médecin".

Ce sont en effet les médecins généralistes qui décident si un patient doit aller à l'hôpital ou s'il peut simplement rester à la maison.

Tous les hôpitaux suspendent les consultations et interventions non urgentes dès samedi

Tous les hôpitaux du pays suspendent à partir de ce samedi les consultations, interventions et examens non urgents et ce pour une durée indéterminée, a indiqué la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) vendredi soir. Les visites seront également interdites.

Tous les hôpitaux généraux, universitaires et de revalidation vont postposer les consultations, les interventions et les examens non urgents. Dès que cela sera possible, ils feront le nécessaire pour rattraper le retard.

La mesure doit alléger la pression dans les établissements de soins de santé. "Ainsi, nous conservons en tout temps la capacité d'assurer les meilleurs soins aux patients atteints du Covid-19, même si une importante augmentation du nombre de contaminations devait se produire", affirme Mme De Block, selon qui il s'agit d'une "mesure de précaution".

"Nos hôpitaux et le personnel soignant sont parfaitement en mesure d'affronter la propagation du coronavirus. Il s'agit d'une mesure de précaution: nous anticipons une possible augmentation du nombre de cas d'infection par le coronavirus pour ne pas nous retrouver en difficultés, le moment venu", assure-t-elle.

A partir de ce samedi, les visites dans les hôpitaux seront par ailleurs interdites. Outre les hôpitaux généraux, universitaires et de revalidation, les hôpitaux psychiatriques sont également concernés.

Les volontaires et stagiaires, les parents (ou tuteurs) de mineurs séjournant dans les unités de soins pédiatriques, de soins postnataux ou en néonatalogie, les parents proches de personnes en état critique ou en fin de vie ainsi que les accompagnateurs dans le cadre de consultations, d'examens et interventions indispensables (maximum un accompagnateur par patient) seront toutefois exemptés.

Ces mesures font partie de la phase active du plan d'urgence hospitalier dans laquelle est entré notre pays. Cette décision a été prise par la cellule de gestion du Centre national de crise vendredi après-midi, précise la ministre.