Un gouvernement Wilmès de plein exercice limité au coronavirus et avec des pouvoirs spéciaux pour 6 mois 

Un accord est intervenu entre dix partis pour donner le soutien d'une majorité au gouvernement fédéral actuel qui pourra recourir aux pouvoirs spéciaux pendant une période maximale de 6 mois. L’annonce a été faite dimanche soir par les chargés de mission royaux, Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open VLD). L’accord a été obtenu au bout d'une réunion qui a commencé vers 14h et qu'ont rejointe en début de soirée les écologistes et le CDH. Sophie Wilmès, chargée ce lundi midi par le Roi de former un gouvernement, demandera jeudi la confiance à la Chambre, qui lui sera acquise à une très large majorité de plus de 100 sièges.

Les présidents de la Chambre et du Sénat ont fait rapport au roi Philippe ce lundi à 10h. Le souverain a mis fin à leur mission et "a exprimé son appréciation pour le travail réalisé" par Sabine Laruelle et Patrick Dewael.

De leur rapprt final "il ressort que le gouvernement démissionnaire dispose d'un soutien suffisant au parlement lui permettant de poursuivre la gestion des problèmes urgents auxquels notre pays doit faire face", précisait le Palais.

La Première ministre Sophie Wilmès a ensuite été reçue par le Roi qui l'a désignée pour former le gouvernement qui sera désormais de plein exercice, mais dans le cadre d'un programme limité à la lutte contre le coronavirus et la prise en charge des effets socio-économiques et budgétaires de la pandémie. 

Sophie Wilmès demandera jeudi la confiance à la Chambre, qui lui sera acquise à une très large majorité de plus de 100 sièges. Elle pourra ensuite demander les pouvoirs spéciaux pour une durée de trois mois, renouvelables une fois. Patrick Dewael et Sabine Laruelle estiment que ces pouvoirs seront effectivement nécessaires pour une durée de six mois. 

Une majorité contre la pandémie

Ce gouvernement sera composé des partis de la coalition actuelle, soit le MR, le CD&V et l'Open VLD. Les autres partis -PS, N-VA, Ecolo, Groen, cdH et DéFI- soutiendront la nouvelle équipe Wilmès de l'extérieur. 

Les partis autour de la table ont convenu qu'il ne fallait pas "déstabiliser" l'équipe en place alors que la Belgique affronte la pandémie. 

Intervention des autres partis

Les chefs de groupe des formations qui ne sont pas représentées dans l'exécutif seront impliqués directement dans son fonctionnement en participant aux réunions du comité ministériel restreint dès lors qu'il est question du coronavirus. 

"L'urgence est de prendre en charge le coronavirus dans l'ensemble de ses aspects", a souligné Sabine Laruelle. Les circonstances actuelles ne permettaient pas d'entamer une longue négociation en vue de former un gouvernement au mandat plus large. "Les gens n'auraient pas compris que l'on négocie encore pendant des semaines", a fait remarquer Patrick Dewael. 

Conciliation

L'urgence de la crise sanitaire et socio-économique a enfin permis d'obtenir un large accord politique après 9 mois de blocage. Et certains partis, comme la N-VA, le PS et Ecolo, jusqu'ici inconciliables, ont pu trouver un terrain d'entente, sans toutefois monter dans le même gouvernement.

"La Belgique traverse une crise comme elle n'en a jamais connue. Ce qui compte aujourd'hui, c'est l'union", a souligné le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. "On est dans une situation qui peut s'apparenter à celle d'une guerre. Il faut mobiliser toutes nos ressources", a dit pour sa part le président du MR, Georges-Louis Bouchez tandis que le président du CDH, Maxime Prévot, rappelait la disposition toujours affichée par son parti à répondre à la demande d'une "union sacrée". 

Ni le président du PS, Paul Magnette, ni celui de la N-VA, Bart De Wever, n'étaient présents à la conférence de presse qui a suivi la réunion. Les six mois à venir pourront être mis à profit pour négocier la mise sur pied d'un gouvernement plein et entier pour le restant de la législature, espèrent les deux chargés de mission. 

Des pouvoirs spéciaux ?

La technique des pouvoirs spéciaux n'avait plus été utilisée depuis une vingtaine d'années. Elle habilite le gouvernement à modifier des lois par arrêtés royaux, à charge ensuite pour le parlement de les confirmer. 

Elle a servi dans les années 1980 au gouvernement Martens et dans les années 1990 au gouvernement Dehaene. 

Les plus consultés