Jonas Roosens

La police anversoise confrontée à des commerces qui ne voulaient pas fermer

Au cours du week-end écoulé, la police anversoise a dû se rendre à plusieurs reprises dans une dizaine de cafés, restaurants et commerces de la métropole pour les contraindre à fermer leurs portes, dans le respect des directives du Centre fédéral de crise visant à lutter contre la propagation du coronavirus. Depuis vendredi à minuit, tous les établissements horeca et les magasins non-alimentaires devaient fermer leurs portes. Seuls les magasins d’alimentation, les supermarchés et les pharmacies peuvent encore rester ouverts le week-end.

Des mesures strictes de prévention sont entrées en vigueur samedi dès la première heure pour tenter de freiner autant que possible la propagation du coronavirus au sein de la population. Les établissements horeca sont ainsi contraints de fermer leurs portes jusqu’au 3 avril inclus, tandis que tous les magasins qui ne vendent pas de la nourriture ou des médicaments doivent rester fermés pendant le week-end, mais peuvent ouvrir en semaine. La police contrôle le respect de cette directive, et cela s’est avéré nécessaire, notamment à Anvers.

Plus de dix établissements horeca et magasins ont en effet dû être priés plusieurs fois par la police de fermer leurs portes. "C’est incompréhensible", estime le porte-parole de la police anversoise, Wouter Bruyns. "Il y a des patrons du secteur horeca qui pensent qu’ils ne doivent pas suivre les règles d’application. Mais il y a aussi des commerces qui ne vendent normalement pas de nourriture qui proposent maintenant subitement quelque chose à manger. Nous allons d’abord sensibiliser ces commerces aux mesures de précaution, mais s’ils ne s’y conforment pas, nous n’excluons pas des amendes".

"Les contrôles sociaux prennent de l’ampleur"

Ce lundi matin, les nouvelles règles semblaient mieux suivies à Anvers. "La nuit dernière, il y a eu moins de récalcitrants", indiquait Wouter Bruyns (photo) dans l’émission ‘Start Je Dag’ (VRT). "Nous avons observé certains commerces et constatons qu’ils commencent à suivre les règles de façon intelligente. Nous nous attendons aussi à ce que le contrôle social se renforce au fil des jours".

Ne venez au commissariat que si c’est vraiment nécessaire
Wouter Bruyns, porte-parole de la police anversoise

La police s’inquiète aussi pour son propre personnel. "Lorsque des gens ne respectent pas les nouvelles règles de prévention, nos agents de police doivent se rendre sur les lieux. Ce qui représente un risque accru de contamination pour eux".

"Même si tout s’arrête de fonctionner, nos agents devront tout de même descendre dans les rues. Nous attirons leur attention sur leur propre protection. Ils doivent autant que possible rester à bonne distance l’un de l’autre". La police anversoise demande d’ailleurs aussi à la population de ne se rendre au commissariat que pour les cas de réelle urgence.

Et si les mesures de prévention se renforçaient encore, la police pourra-t-elle continuer à faire des rondes de contrôle ? "Nous avons déjà élaboré plusieurs scénarios, mais tout dépendra de la disponibilité du personnel. Nous ne connaissons pas encore l’impact d’éventuelles nouvelles mesures. Nous suivons la situation au jour le jour", concluait Wouter Bruyns (photo).

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