A propos de patients plus jeunes : "Il n’y a de lourdes lésions pulmonaires que si l’on commence à parler par à-coups"

Invité lundi soir dans l’émission "Terzake" de la VRT, l’urgentiste Ignace Demeyer (photo) de l’hôpital Notre-Dame d’Alost mettait en garde contre le fait que le nouveau coronavirus frappe aussi les générations plus jeunes - notamment les personnes entre 30 et 50 ans - et parlait de radiographies des poumons de patients atteints du Covid-19 qui étaient "terrifiantes". Ce mercredi, le docteur Demeyer tient à préciser qu’il ne faut pas paniquer à la première toux si on fait partie de la population plus jeune. "Les lourdes lésions pulmonaires sont seulement présentes si le patient est contraint de parler par à-coups", explicite l’urgentiste.

A l’issue de son interview sur le plateau de "Terzake", l’urgentiste Ignace Demeyer a reçu de nombreux appels téléphoniques inquiets, même de médias étrangers. Il tient donc à préciser que "pas tout le monde qui tousse doit se rendre aux urgences".

"Vous ne souffrez de ces lésions pulmonaires sévères que quand vous ne pouvez faire autrement que de parler par à-coups. Quand vous ne parvenez pas à faire une phrase complète sans reprendre votre souffle. Et encore, à ce moment-là vous êtes potentiellement quelqu’un qui a des lésions pulmonaires".

L’essoufflement est aussi un état subjectif, précise Ignace Demeyer. "Si vous ne parvenez que difficilement à mener une conversation sans devoir vous arrêter régulièrement par manque de souffle, alors c’est une indication que vous devez vous rendre à l’hôpital".

Tableau clinique léger ?

La plupart des patients ont plutôt des symptômes légers et font donc mieux de rester loin des services d’urgence surpeuplés. L’un des malades avec des symptômes légers est Peter Persyn (57 ans), lui-même généraliste de formation. Il est tombé légèrement malade mercredi dernier, avec un mal de gorge et une toux irritante, pas de fièvre. Jeudi, cela s’est transformé en de véritables maux de gorge, une toux profonde et une pression sur la cage thoracique.

Persyn (photo) travaille dans le secteur des soins aux personnes âgées et s’est donc fait tester. Résultat positif. Il suppose avoir contracté le Covid-19 via ses deux filles, qui étaient malades la semaine d’avant. "Elles n’avaient pas du tout de fièvre, mais le nez qui coule, mal à la gorge. On dit toujours que le coronavirus engendre beaucoup de fièvre et une vraie sensation de grippe, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas pour tout le monde. La fièvre n’est pas obligatoire". précise Peter Persyn.

Epidémiologiste Vandamme : "La Belgique atteindra le pic de corona dans deux semaines"

Annemie Vandamme, professeur en Epidémiologie à l’Université de Louvain (KU Leuven), estime que les autorités belges devront maintenir les mesures de prévention strictes plus longtemps que le 5 avril. Elle s’attend en effet à ce que le pays n’atteigne son pic de contaminations au Covid-19 que dans deux semaines.

Interviewée dans l’émission “De ochtend” sur Radio 1 (VRT), Vandamme estime que les mesures renforcées qui sont entrées en vigueur ce mercredi à midi sont une bonne chose. "C’était nécessaire, pour que la population réalise à quel point la situation est grave. Et il est normal que les mesures aient été durcies progressivement, afin que la population puisse s’adapter.

L’épidémiologiste estime aussi que la moitié des personnes qui ont contracté le coronavirus ne s’en rendront même jamais compte. Elle se montre optimiste pour l’avenir : "Nous en savons maintenant énormément sur le virus. Il n’y a aucun virus à propos duquel nous ayons appris tant de choses en si peu de temps. Nous réalisons ainsi maintenant que des personnes qui n’ont aucun symptôme peuvent elles aussi transmettre le coronavirus. Ce que nous ne savions pas il y a un mois".

Bien qu’il n’y ait pas encore de vaccin contre le nouveau coronavirus, Annemie Vandamme souligne que ce dernier sera disponible plus rapidement que ne l’a jamais été un vaccin contre une autre maladie. Un vaccin a d’ailleurs été testé hier, sur des personnes en bonne santé, pour s’assurer qu’il n’engendre pas d’effets secondaires indésirés.

"Mais nous recevons progressivement des informations de Chine et d’Italie sur la manière d’apaiser les symptômes et de traiter les cas les plus critiques". Tant les médicaments que les vaccins sont importants dans la lutte contre le virus. "Avec les médicaments nous pouvons réduire le nombre de décès. Avec le vaccin, nous pouvons combattre la maladie", précise Annemie Vandamme.

BORDIGNON V._BELGIAN DEFENSE