Les entrepreneurs flamands évaluent le préjudice à l’économie à 16 milliards d’euros

Les dégâts sur l'économie liés à l'épidémie du nouveau coronavirus peuvent être estimés à 16 milliards d'euros. C’est ce qu’a indiqué ce mercredi matin l'association des entrepreneurs flamands Voka. "Notre économie ne pourra pas survivre sans mesures de soutien supplémentaires. L'impact économique dépasse déjà aujourd’hui celui observé dans la foulée des attentats il y a quatre ans", commente Hans Maertens, l’administrateur délégué du Voka. Quant au ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem, il reconnait la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles pour aider l’économie belge à retrouver sa place après la pandémie.

"Les chiffres étaient déjà alarmants avant la nouvelle série de mesures" décidées mardi soir à la suite de la réunion du Conseil national de sécurité. "Les conséquences dépassent les secteurs horeca et du commerce et concernent potentiellement toutes les entreprises. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour que cette crise ne soit pas pire que la crise du crédit de 2008-2009", indique Voka.

L'association des entrepreneurs flamands appelle tous ses membres à suivre de près les dernières mesures annoncées par les autorités. Elle souligne cependant que le télétravail et la distanciation sociale ne sont pas possibles dans toutes les entreprises et que celles qui ne peuvent s’y tenir sont contraintes de fermer leurs portes, jusqu’au 5 avril au minimum.

"Sans une aide supplémentaire rapide et conséquente, nous allons vers un fiasco économique". Juste avant la décision de renforcement des mesures de confinement, le Voka a reçu plus de 1.500 réponses de membres à un questionnaire. L’association réclame un soutien accru des autorités flamandes, mais aussi fédérales, en concertation avec les Régions. Elle songe notamment à une extension et une simplification de la procédure via laquelle les entreprises peuvent demander un chômage temporaire pour force majeure ou raisons économiques.

"Retrouver une position économique après la pandémie"

Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a reconnu ce mercredi la nécessité pour la Belgique de prendre des mesures exceptionnelles pour que son économie retrouve sa position après la pandémie du coronavirus.

"Nous sommes dans une situation exceptionnelle qui exige des mesures exceptionnelles", a réagi De Crem (photo) sur Radio 1 (VRT), à l'annonce par l'organisation patronale flamande Voka du risque que les dommages causés par la crise du coronavirus s'élèvent à 16 milliards d'euros.

"Un jour, cette épidémie sera dernière nous et nous devrons, en tant que pays, retrouver notre position économique", a ajouté le ministre. Pieter De Crem rappelle que le Fédéral a déjà annoncé libérer un milliard d'euros via une provision interdépartementale, et que les Régions agissent aussi de leur côté.

Pour un secteur comme le bâtiment, il est recommandé de reporter les chantiers non urgents, mais pour ceux qui le sont, la police veillera au respect de la distance sociale nécessaire, a précisé le ministre de l'Intérieur. Il insiste sur le fait qu'un travailleur actif dans un secteur crucial, mais qui ne peut pas faire du télétravail, ne peut refuser purement et simplement d'aller prester. "Ce n'est possible que par la voie appropriée, donc avec un certificat du médecin. Ne pas prester volontairement dans l'un de ces secteurs sans être malade ne sera pas possible", explique Pieter De Crem.