La politique à l’ère du coronavirus : "Notre démocratie est-elle menacée par la particratie ?"

En cette période de coronavirus, la scène politique a été quelque peu reléguée au second plan. Toutefois cette crise sanitaire a conduit à la mise en place d’un gouvernement fédéral de plein exercice dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. "Une bien curieuse construction", estime le journaliste politique de la VRT Ivan De Vadder. "Bien que tout cela ait été fait pour la bonne cause - pour combattre le virus -", il pense que nous sommes à la limite de ce que permet notre démocratie. "Le fait que les présidents des partis seront amenés à contrôler les pouvoirs spéciaux du gouvernement a de quoi inquiéter".

Tout le monde est occupé - à juste titre - à combattre le coronavirus", a déclaré ce lundi matin Ivan De Vadder dans "De ochtend" sur Radio 1 (VRT). Il souligne que d’un point de vue politique ce combat est relativement facile : "Les dirigeants écoutent les experts, suivent leurs conseils et tentent de les transposer en mesures".

Les mesures qui seront prises pour lutter contre crise économique qui se profile sans doute à l'horizon seront bien moins faciles sur le plan politique. "On a l’impression que les différences idéologiques sont enfouies mais qu’elles pourraient resurgir une fois la crise sanitaire passée. Et nous reviendrons alors rapidement aux discussions que nous avons eues durant des mois après les élections sur le pouvoir d'achat ou les pensions, pour ne citer que cela".

Mais "à la guerre comme à la guerre". Et le gouvernement en affaires courantes de Sophie Wilmès est devenu un gouvernement minoritaire qui pourra compter sur un large soutien parlementaire pendant 6 mois. "C'est une construction bien étrange", estime Ivan De Vadder. "Un gouvernement qui a une minorité au parlement - bien qu'il ait un soutien suffisant de plus de 90 parlementaires sur 150 - mais qui reçoit des pouvoirs spéciaux de ce parlement. Ces pouvoirs seront ensuite contrôlés par une réunion avec les présidents des partis qui aura lieu chaque samedi".

Nous devons examiner cela avec beaucoup de vigilance.
Ivan De Vadder

"Vous obtenez, pour ainsi dire, une particratie qui remplace la démocratie." Les partis d'opposition tels que le Vlaams Belang et le PVDA-PTB sont complètement mis à l'écart de la vie politique. "Vous êtes à la limite de ce que notre démocratie permet", estime Ivan De Vadder. "Bien sûr, tout cela est fait pour la bonne cause : la lutte contre le coronavirus. Mais nous devons examiner cela avec beaucoup de vigilance".