Perdre un être cher en période de coronavirus: "Les condoléances par téléphone, ce n’est pas la même chose"

Les personnes qui perdent un être cher en cette période de confinement vivent un moment doublement douloureux. Elles ne peuvent en effet accueillir personne chez elles, et les funérailles doivent se tenir sous des conditions très strictes et en petit comité. Johan Mussche en sait quelque chose. Cet habitant de Lievegem a perdu sa femme des suites d’un cancer. 

"L’organisation de l’enterrement a été une catastrophe", raconte-t-il à Radio 2 (VRT). "Ma femme est décédée le 7 mars dernier. Elle était aimée de tous, et environ 200 personnes voulaient lui faire leurs adieux. Seules 30 d’entre elles ont toutefois pu se rendre aux obsèques". Depuis, les mesures ont été renforcées, et seules 20 personnes peuvent encore se réunir lors de funérailles. 

"C’était une très belle cérémonie… Mais c’est tellement dommage qu’on ne pouvait pas se toucher. Une embrassade m’aurait fait tellement de bien, mais on était obligés de se saluer de loin", poursuit-il. 

Personne à qui parler

Depuis la maison, le veuf témoigne : "C’est le silence absolu ici. Je reçois bien de nombreux coups de fil, mais ce n’est pas la même chose. Cela ne donne pas le même soulagement que lorsqu’on peut vraiment voir et dire les choses à quelqu’un. Je préfère dès lors m’occuper à des bricolages, ça me change un petit peu les idées". 

Johan Mussche ne sait pas s’il organisera plus tard une cérémonie de commémoration pour les personnes qui n’ont pas pu être présentes. "Je ne peux tout simplement rien planifier ! Personne ne sait hélas quand cette crise prendra fin".