David rozing

Les entrepreneurs flamands évaluent désormais les dégâts économiques à 40 milliards d'euros

L'organisation patronale flamande Voka évalue maintenant à 40 milliards d'euros les dégâts économiques causés par la pandémie de Covid-19, indique-t-elle ce mercredi. Mercredi dernier, elle avait encore avancé le montant de 16 milliards d'euros. Quant à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), elle évalue l'impact économique de la pandémie à 2,4 milliards d'euros par semaine en Belgique, ou 0,55% du produit intérieur brut (PIB).

Selon l’organisation Voka, 84% des entreprises flamandes ont vu leur chiffre d'affaires se replier, et pour 30% d'entre elles il s'est pratiquement évaporé. Un sondage de l'organisation patronale montre en outre que la moitié des entreprises ont demandé à recourir au chômage temporaire et que 10% supplémentaires prévoient de le faire dans les prochains jours. La moitié des entreprises reconnaissent avoir des problèmes de liquidités.

Le Voka s'attend à une récession de 7% cette année si les mesures de confinement sont prolongées jusque fin avril. "La conséquence est que cette crise risque d'être certainement trois fois plus grave que la crise financière de 2008-2009."

Le Voka remercie les autorités pour les mesures de soutien déjà prises, mais demande encore trois efforts. Les patrons flamands en appellent au gouvernement fédéral pour qu'il prenne à son compte le premier mois de salaire garanti payé au travailleur malade en principe par l'employeur. Le Voka demande aussi une prime de prestation de 150 euros pour les travailleurs qui continuent à travailler en dehors de leur domicile, et veut que le chômage temporaire puisse être combiné avec un autre emploi.

La FEB évalue l'impact économique du Covid-19 à 2,4 milliards d'euros par semaine

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) évalue l'impact économique de la pandémie à 2,4 milliards d'euros par semaine en Belgique, ou 0,55% du produit intérieur brut (PIB), indique ce mercredi l'organisation patronale.

Si la situation actuelle perdure six semaines, cela coûtera à notre économie 3,33% du PIB, soit 14,5 milliards d'euros. "Nous y survivrons", rassure le chef économiste de la FEB, Edward Roosens. Si la situation perdure 12 semaines, un trimestre, le coût serait alors de 6% du PIB ou 25 milliards d'euros. "Dans ce cas-là, les conséquences économiques seraient bien plus difficiles à encaisser", prévient Roosens. 

Parmi les secteurs les plus directement affectés, on retrouve l'horeca, l'aviation et l'événementiel. La fermeture des cafés et restaurants pendant six semaines coûterait un milliard d'euros, estime la FEB. Pour le secteur de l'événementiel, elle table sur 400 millions d'euros de pertes.

Mais la facture la plus salée sera pour le secteur de la construction, affirme la FEB. Si la situation reste identique pendant six semaines, cela coûterait 1,1 milliard d'euros à ce seul secteur. Les carnets de commandes sont remplis, mais les chantiers sont difficiles à organiser avec les règles de distanciation sociale, nombre d'entre eux sont donc à l'arrêt. "Le chômage temporaire concerne plus de 50% des travailleurs dans le secteur."

Malgré les razzias faites dans les supermarchés, l'industrie alimentaire est aussi à la peine puisqu'elle ne peut plus livrer l'horeca et que les exportations sont compliquées. La bière et les produits du chocolat souffrent le plus de la situation. Les secteurs de l'intérim, où seuls 45% des intérimaires sont actifs, et du voyage, où la valeur ajoutée sera en baisse de 60%, sont aussi fort touchés. 

A l'inverse, le secteur crucial du commerce de gros dégagera lui plus de revenus et certains secteurs devraient bénéficier d'un effet de rattrapage dans le courant de l'année: le commerce non-alimentaire, l'industrie textile, du bois ou encore l'ameublement notamment.

Les conséquences concrètes de la crise actuelle sur la croissance dépendront logiquement de sa durée. En six semaines, la FEB estime que le ralentissement de l'économie coûtera 2% de la croissance, et près de 5% si la situation dure 12 semaines.

Linda Zhou

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