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Trois entreprises flamandes lancent une application pour endiguer la pandémie

Trois entreprises technologiques du nord du pays ont développé ensemble une application afin d'endiguer "plus rapidement et plus efficacement" la propagation du nouveau coronavirus. Intitulée "Flattening The Curve" (traduisez par ‘Aplatir la courbe’ en français) et disponible gratuitement à partir de la semaine prochaine, elle préviendra les utilisateurs des endroits répertoriant de nombreuses contaminations ou encouragera à consulter un médecin lors de l'apparition de symptômes de la maladie Covid-19.

Une fois l'application installée sur son smartphone, l'utilisateur devra lui donner l'autorisation de suivre ses déplacements. Il devra aussi répondre à quelques questions sur son état de santé, un formulaire qu'il faudra mettre à jour régulièrement. "De cette façon, l'évolution et la propagation du virus pourront être cartographiées rapidement", expliquent les trois entreprises flamandes derrière cette application - Adunio, MyBingli et Gaga.

Toutes les données sont collectées de manière anonyme, assure Vincent Nys, l'un des développeurs de l'application. "Nous ne demandons pas d'autres informations que l'âge et le lieu de résidence. En plus, concernant la localisation, nous ne répertorions que les regroupements de personnes."

Les données seront accessibles gratuitement en ‘open data’, notamment pour les centres de recherche et les autorités. Les créateurs se montrent très ambitieux: "Si nous pouvons atteindre 30 à 40% des Belges, nous serons très heureux", lance Vincent Nys.

Les concepteurs ont introduit une demande de subsides à l'accélérateur EIC de la Commission européenne. "Cela pourrait fournir un financement pour le lancement dans toute l'Europe gratuitement. Nous attendons une décision dans le mois", explique Nys. Un total de 250 millions d'utilisateurs est visé en Europe.

L'équipe derrière "Flattening The Curve" a en outre été approchée par d'autres pays. Les ministres de la Santé publique de Roumanie, Serbie, Macédoine et de Russie ont notamment manifesté leur intérêt, comme des pays du Moyen-Orient. "La vente de l'application à des pays hors de l'Union européenne pourrait nous permettre de récupérer une partie de notre investissement", se réjouit Vincent Nys.

Comme le soulignait notamment le virologue Marc Van Ranst, jeudi soir en studio à la VRT, il reste à voir si cette nouvelle technologie permettant de tracer qui a été en contact avec qui au cours des derniers jours obtiendra le feu vert de la législation européenne sur la protection de la vie privée.