Bruzz: Saskia Vanderstichele

De plus en plus d’inhumations au cimetière multiconfessionnel d’Evere 

Le nombre de musulmans, de chrétiens orthodoxes ou de juifs qui se font enterrer au cimetière multiconfessionnel d’Evere a augmenté ces derniers jours avec la crise du coronavirus. La suspension des vols vers certaines destinations empêche les familles de pouvoir rapatrier les dépouilles de leurs parents dans leur pays d’origine pour inhumation, selon les dernières volontés des défunts.

Ludo Beckers, est directeur du cimetière multiconfessionnel d’Evere depuis 20 ans. "Ici, on n'enterre que des musulmans, des juifs et des chrétiens orthodoxes qui ne peuvent être inhumés en respectant leurs coutumes dans les cimetières traditionnels", a déclaré Ludo Beckers sur Radio 2 Vlaams Brabant (VRT).

"En raison de la quarantaine, il n'y a plus d'avions qui partent et les défunts ne peuvent plus être rapatriés dans leur pays. Depuis cette zone d'exclusion aérienne, j'ai deux fois plus de travail. Nous enterrions peut-être trois ou quatre personnes par jour auparavant à présent, c'est dix."

Pour le directeur, ce sont donc des journées bien remplies, car il participe aussi aux enterrements : "Aujourd'hui, nous avons commencé un peu plus tard, car les journées sont longues. La semaine dernière, nous avons été occupés tous les jours jusqu'à 19 heures. Normalement, nous essayons de répartir les funérailles. Une par heure. Mais avec l'augmentation, il faudra aller plus vite et nous devrons enterrer quelqu'un toutes les demi-heures".

Faire ses adieux en période de confinement

Il est également très difficile pour les proches de faire leurs adieux au défunt en période de confinement. "Souvent, ils n’étaient déjà pas autorisés à se rendre à l'hôpital, de sorte que leurs adieux sont très brefs. Mais les autres mesures sont également difficiles. Un maximum de dix personnes sont autorisées à rendre un dernier hommage au défunt. Je dois donc vraiment compter les personnes. J'essaie d'expliquer que c'est pour leur santé. Mais c'est très difficile. D'autant plus que dans ces cultures, il y a souvent des familles très nombreuses. On pense que plus il y a de personnes qui prient, mieux c’est pour le défunt. Donc ce n'est pas facile de limiter le nombre".

Certaines familles préconisent une inhumation temporaire afin de rapatrier le corps plus tard, quand les mesures seraient levées. "Selon leur tradition, la tombe est sacrée. Vous devez respecter les défunts et certainement ne pas les exhumer. Le bons sens devrait prévaloir face à une circonstance exceptionnelle.