Proximus lance mercredi une 5G "light" dans plus de 30 communes en Belgique

Proximus va lancer dès ce mercredi une 5G 'light', une première en Belgique, avec une couverture initiale dans plus de 30 communes à travers le pays, dont 17 en Flandre. L’abonnement à l'internet mobile à haut débit coûtera 49,99 euros par mois. Mais pour bénéficier de cette nouvelle technologie, vous aurez besoin d'un smartphone compatible, que Proximus vendra dès demain. En outre, Proximus a dévoilé ses plans pour accélérer la construction de son réseau fixe de fibres optiques dans les années à venir.

La 5G de Proximus est une version limitée de cette nouvelle technologie. Aucun spectre n'a d'ailleurs encore été mis aux enchères, aucune nouvelle norme de rayonnement n'a été fixée et Proximus n'a pas installé de nouvelles antennes.

L'opérateur, qui a présenté mardi sa nouvelle stratégie d'entreprise à l'horizon 2022 (#inspire2022), s'appuiera sur l'infrastructure existante. Il utilisera en effet les bandes de fréquences qu'il détient actuellement, déployées sur les antennes existantes et dans le respect des normes d'exposition aux champs électromagnétiques en vigueur. Grâce à cela, il prétend pouvoir offrir la 5G à des vitesses allant jusqu'à 30% au-dessus de la 4,5G. "Mais cela continuera à évoluer. Cela ne remplace pas la nécessité d'un déploiement du spectre", confie l'opérateur.

Bruxelles ne fait pas partie de la liste de 30 communes où la technologie sera déployée. "Cela n'y est pas possible en raison des normes d'émission", justifie Fabrice Gansbeke, porte-parole de Proximus. La Région bruxelloise applique en effet, depuis un certain temps déjà, des normes moins élevées et donc plus strictes que dans le reste du pays.

Outre la problématique des normes d'émission, le réaménagement de la bande passante à Bruxelles n'est pas possible pour le moment car l'entreprise ne dispose pas des autorisations administratives pour ce faire, ont expliqué des responsables.

Gand pas concernée non plus

En Flandre, si Gand manque à l'appel et qu'à Anvers seule une partie du port est couverte, ce n'est pas le cas de certaines parties de Courtrai, Bruges, Malines, Ostende, Knokke-Heist, Louvain et Hasselt, où il sera possible de se connecter à cette 5G, à condition de disposer d'un smartphone compatible.

Près de Bruxelles, en Brabant flamand, les zones autour de Zaventem, de Leeuw-Saint-Pierre et d'Hal ou d'Overijse en profiteront aussi.

"Cette 5G n'est qu'un début, un premier pas vers un grand voyage, et son déploiement (géographique et en termes de puissance, NDLR) augmentera avec le temps. Ce n'est là qu'un début mais il est très important pour nous", confie Guillaume Boutin, patron de Proximus. L'entreprise entend bien étendre la zone de couverture au-delà des 30 premières communes. Mais les travaux sur les antennes qui sont nécessaires sont actuellement en suspens en raison de la crise du coronavirus et des mesures de confinement qui l'accompagnent.

Avec un objectif chiffré précis? "Non", répond Guillaume Boutin. "On veut avoir le plus de villes et communes connectées à la 5G le plus vite possible."

La 5G à pleine vitesse deviendra, elle, réalité une fois le spectre vendu aux enchères, ce qui tarde à se faire en raison de l'incapacité des gouvernements du pays à s'entendre sur la clé de répartition des recettes financières que l'opération apportera. D'ici là, l'entreprise s'appuiera aussi sur les licences temporaires que doit octroyer l'IBPT au début juin.

Lorsque la 4G avait été lancée en Belgique, cela s'était également fait de manière graduelle avec seulement une partie du spectre au début, rappelle-t-on au passage chez Proximus.

Afin de déployer la 5G maintenant, Proximus va continuer d'utiliser les équipements de réseau de Huawei, son fournisseur actuel. La direction souligne cependant qu'aucun choix définitif de fournisseur n'a encore été fait. L'entreprise chinoise est sous le feu des critiques dans certains pays pour espionnage présumé au profit du gouvernement chinois. Si Proximus a toujours défendu Huawei dans le passé, il attend maintenant que les autorités clarifient ce qui peut et ne peut pas être fait.