"Si les écoles ne rouvrent pas après le congé de Pâques, il faudra enseigner de la matière nouvelle"

C’est ce qu’a annoncé le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA, photo), lundi soir sur le plateau télévisé de la VRT, après concertation avec le secteur. Plus précisément, si la période de confinement général se prolongeait au-delà du 19 avril les enseignants des écoles néerlandophones devront recourir à la méthode du "preteaching" (pré-enseignement) pour de nouvelles matières. La coupole d’associations de parents KOOGO se dit inquiète de la pression que le passage de la révision à l’enseignement de nouvelles matières met sur les parents et sur les élèves, qui perdent progressivement leur motivation.

Le Conseil national de sécurité (CNS) fédéral a prolongé vendredi dernier jusqu'au 19 avril - soit le dimanche de fin des vacances de Pâques - les mesures de confinement entrées en vigueur le 18 mars pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, notamment en ce qui concerne la fermeture des écoles. Mais il se pourrait aussi, après une nouvelle évaluation, que les mesures soient encore prolongées, jusqu’au 3 mai.

D’après le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, les écoles se préparent à trois scénarios: une reprise des cours le 20 avril, une reprise en mai ou la fermeture presque jusqu'aux vacances d'été. "Si les écoles ne rouvrent pas après les vacances de Pâques, les enseignants passeront au 'preteaching' qui permet de voir de nouvelles matières", a expliqué le ministre notamment sur le plateau de la VRT.

"Il est important de garder les étudiants occupés. Sinon, nos jeunes apprendront peu, ce qui nuit à la qualité de l'enseignement", a ajouté Weyts. Si les écoles rouvrent par la suite, la nouvelle matière vue pendant le confinement sera reprise par les enseignants, pour s’assurer de son assimilation.

Dans tous les cas de figures, les vacances de Pâques seront maintenues dans l'enseignement en Flandre. Le ministre a déjà indiqué mercredi dernier ne pas trop croire à une reprise des cours après les vacances de Pâques. Il souligne que tant les enseignants que les parents recevront encore des précisions s’il fallait passer à une phase d’enseignement à distance de matière neuve.

"Donner une sorte de conclusion à l’année scolaire"

Invité également sur le plateau de l’émission "De afspraak", lundi soir à la VRT, le pédagogue Pedro De Bruyckere estimait qu’il est important, tant pour les enseignants que les élèves de donner "une sorte de conclusion à l’année scolaire en cours".

Mais il estime aussi que "ce que nous faisons maintenant, c’est essayer de limiter les dégâts. Nous ne pouvons pas nous permettre que ce soit une année scolaire perdue pour les élèves. Faire passer la matière tout simplement vers l’année suivante n’est pas une option, parce qu’il y a des réformes de l’enseignement en cours. En plus, il y a des années charnières, au cours desquelles des décisions importantes doivent être prises, comme par exemple des choix d’option d’étude. Si nous reportons ces moments-charnières, cela aura un impact énorme pour les élèves. Nous ne pouvons par exemple nous permettre de ne voir aucun futur enseignant ou future infirmière terminer ses études cette année".

Lieven Boeven (photo), directeur-général de l’Enseignement catholique flamand, souligne pour sa part qu’il devient de plus en plus difficile, au fil des semaines de confinement qui passent, de maintenir les élèves attentifs et au travail pour l’école depuis chez eux. "Nous parvenons difficilement à atteindre certains élèves", précise Boeve, en rappelant que le "preteaching" devra être accessible à l’ensemble des élèves.

"Le but n’est pas que les parents doivent reprendre le rôle des enseignants", souligne aussi Nathalie Jennes de l’enseignement communautaire flamand (GO !). Tant Jennes que Boeve conseillent aux écoles de vérifier ce qui est vraiment encore essentiel dans la matière qui reste à voir cette année pour chaque branche.

KOOGO : "La pression augmente sur les familles"

C’est aussi ce que souligne la coupole des Associations de parents de l’Enseignement officiel subsidié (KOOGO), qui s’inquiète du "preteaching" annoncé par le ministre Ben Weyts. "Nous constatons maintenant déjà que beaucoup de parents ont des difficultés avec les révisions proposées aux élèves", indique la coordinatrice Hannelore Lambrighs. "Soit parce qu’ils doivent travailler à la maison, soit parce qu’ils ne sont pas à la maison parce qu’ils travaillent dans les soins de santé, ou encore parce qu’ils ne parviennent pas à motiver leurs enfants pour ces révisions".

Lambrighs comprend que les écoles cherchent des moyens de faire passer de la matière nouvelle, mais espère que celle-ci sera ensuite revue dans les classes quand les écoles auront rouvert leurs portes.

KOOGO estime que la façon dont la matière nouvelle sera présentée "doit être de qualité suffisante, afin que les élèves puissent réellement apprendre seuls, sans l’aide des parents. Pas tous les parents ont les compétences pour enseigner une matière. Il ne faut pas qu’il y ait des erreurs d’apprentissage".