Juanmonino

Enquête de l'Université d'Anvers : au fil du confinement, les tensions augmentent dans les familles

L’enquête réalisée en ligne un troisième mardi d’affilée auprès des citoyens par l’Université d’Anvers, et ses consœurs de Louvain et Hasselt, a livré ses conclusions. Il en ressort notamment que les tensions dans le milieu familial ont augmenté durant la troisième semaine de mesures de confinement prises pour endiguer la propagation du coronavirus. Les chercheurs constatent aussi une évolution négative au niveau du bien-être mental des citoyens. Quelque 415.000 personnes ont participé au troisième volet de l’enquête universitaire.

Mardi 31 mars, les Belges ont pu participer à la troisième étude initiée par l'Université d'Anvers sur les changements de comportement au sein de la population depuis le début des mesures de confinement. Quelque 415.000 personnes ont intégralement rempli le questionnaire, ce qui est davantage que les 346.000 participants de la deuxième semaine, mais une diminution par rapport aux 560.000 Belges qui ont pris part à la toute première enquête sociétale.

Selon une première analyse des résultats, les chercheurs ont pu dégager mercredi que 95% des répondants ne donnent plus la main ou n'embrassent plus des personnes qui ne font pas partie de leur ménage. Autrement dit, 23.000 sondés le font encore.

Les vacances de Pâques approchant, 6% des participants à l’enquête ont indiqué ne pas encore avoir de solution pour la garde de leur enfant. 80% garderont le même fonctionnement que lors des semaines précédentes, tandis que 14% se sont arrangés autrement.

AMELIE-BENOIST / BSIP

Là où, la semaine dernière, les personnes hautement qualifiées se sentaient un peu moins bien, c'est maintenant aussi le cas des moins qualifiés. Davantage de tensions ont été rapportées au sein des familles et des relations. C'est principalement le cas en ce qui concerne les rapports avec les adolescents (12 à 18 ans): la semaine dernière, 15% ont signalé des tensions, contre 27% cette semaine.

Koen Pepermans, directeur de la faculté des Sciences sociales de l’Université d’Anvers, constate donc qu’il y a une évolution négative du bien-être mental de la population au fur et à mesure que le confinement général se prolonge. "La question qui se posera ces prochaines semaines est donc : les citoyens vont-ils s’adapter à la nouvelle situation, ou leurs relations vont-elles se dégrader encore davantage ?".

L'enquête se poursuivra en effet durant les vacances de Pâques. "La science a vraiment besoin de ces données", explique aussi le chercheur Philippe Beutels. "Nous voulons savoir comment la population fait face à la crise, notamment pour pouvoir prédire l'évolution de l'épidémie, aider les hôpitaux à estimer ce qui va se passer et garder un œil sur le bien-être de la population."