La ministre fédérale de l'Économie envisage de reporter des soldes à août

Dans une lettre ouverte publiée vendredi, 78 marques et détaillants du secteur belge de la mode réclamaient d’urgence une modification de la législation sur les soldes - pour pouvoir reporter la date des soldes d’été - , afin d'éviter "des centaines de faillites et des milliers de licenciements". De son côté, le chef de groupe des libéraux flamands à la Chambre, Egbert Lachaert, déposait une proposition de loi pour retarder d’un mois et demi cette période des soldes. Interrogée ce dimanche midi dans l’émission "De Zevende Dag" (VRT), la ministre fédérale de l'Économie Nathalie Muylle a également estimé qu'il faudra sans doute reporter les soldes d'été jusqu'au mois d'août.

Le gouvernement fédéral prendra des dispositions en ce sens dans les semaines à venir, a ajouté la ministre CD&V. La demande provient essentiellement du secteur commercial, touché par les mesures liées à la crise du coronavirus.

"Si nous voulons sauver notre industrie de la destruction, nous devons ajuster la législation actuelle sur les soldes", ont déclaré vendredi dans leur lettre ouverte à la Première ministre Sophie Wilmès et la ministre de l'Économie Nathalie Muylle, Mimi Lamote, PDG de Mayerline, et Peter Perquy, PDG de Terre Bleue, Gigue et Zilton, qui agissaient comme porte-parole du secteur de la mode. Les 78 signataires (parmi lesquels JBC, Brantano, Natan, CKS, ...) demandent que les soldes commencent au minimum un mois plus tard, soit au plus tôt le 1er août, que les soldes de bouche-à-oreille et le système de vente liée soient supprimés et remplacés par une période d'attente comme avant, avec comme date de début la réouverture des magasins physiques.

Depuis la fermeture imposée aux magasins de mode le 18 mars, "les pertes s'accumulent jour après jour". "Les stocks sont payés, les collections automne-hiver sont en cours de production et doivent être pré-financées, les collections de l'été prochain sont en pleine préparation et en attendant, plus d'argent ne rentre." "Si rien ne change en mai, juin et juillet à la législation actuelle sur les soldes, notre secteur s'effondrera", préviennent les signataires.

"Des centaines d'entreprises de mode et des milliers d'emplois sont en jeu. Nous savons déjà qu'avec la législation actuelle, de nombreux chefs d'entreprise ne seront pas en mesure de sauver leur entreprise de mode, quels que soient leurs efforts." "Les adaptations demandées ne coûtent rien au gouvernement, mais elles ont un impact positif énorme sur l'emploi et l'économie de notre pays. De plus, la TVA sera beaucoup plus élevée pendant un grand nombre de semaines", concluent-ils.

Ensemble, ces 78 signataires (marques et détaillants) représentent plus de 1.400 points de vente qui occupent plus de 6.500 travailleurs en Belgique. Le ministre des PME et des Indépendants, Denis Ducarme, s'est déclaré lundi favorable au report des soldes d'été, une mesure de soutien qu'il a jugée importante pour les commerçants qui ont dû suspendre leurs activités et réclamée également par l'Union des Classes moyennes.

Le ministre Denis Ducarme (MR), ainsi que l'Open VLD, par la voix de son chef de file à la Chambre Egbert Lachaert (phot ci-dessus), ont déjà dit leurs faveurs pour un report. Pour la ministre Muylle (photo ci-dessous archives), un report des soldes d'été au mois d'août nécessiterait aussi d'envisager un report des soldes d'hiver, en raison de leur proximité.

Les plus consultés