Christophe Licoppe

Bart De Wever critique la gestion fédérale des mesures de confinement

Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (photo) a critiqué, ce lundi sur les ondes de Radio 1 (VRT), la gestion par le gouvernement fédéral des règles de lutte contre le coronavirus, notamment celles concernant les sanctions administratives communales. "Quelqu’un n’est pas autorisé à faire du basket tout seul, mais l’activité physique est encouragée. Et se reposer un instant sur un banc est défendu ? Désolé, mais je n’appliquerai pas cela", indiquait De Wever dans l’émission "De ochtend". Il exprimait aussi son inquiétude face à la crise économique qui attend le pays. "Si nous ne faisons pas attention, toute une génération portera le poids de ce qui se passe aujourd’hui", estimait le bourgmestre anversois.

À Anvers, la police se concentre "seulement sur l'essentiel, à savoir les rassemblements et les déplacements non-essentiels", indiquait Bart De Wever ce lundi matin à la VRT. Ce week-end, pas moins de 300 amendes y ont été infligées, a-t-il affirmé. Le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a pour sa part assuré lundi matin que la population belge avait globalement bien respecté les règles de confinement ce week-end, à quelques exceptions près.

"Dans une grande ville, il faut tenir compte du contexte: des familles nombreuses veulent sortir, il y a beaucoup de personnes âgées, beaucoup de personnes seules, beaucoup de gens qui craignent de perdre leurs revenus", souligne le bourgmestre anversois. Il déplore que la police verbalise des gens "qui ne font que s'asseoir sur un banc" ou demande leur adresse à des personnes qui font leurs courses au supermarché.

Pour certaines infractions, une amende administrative de 250 euros est trop élevée
Bart De Wever, bourgmestre anversois

La N-VA soutient les pouvoirs spéciaux accordés au gouvernement fédéral, mais n'a pas apporté sa confiance à l'équipe Wilmès. Le parti nationaliste flamand est associé aux réunions du samedi matin du gouvernement fédéral et des présidents de parti, ce qui n'empêche pas Bart De Wever de critiquer la gestion par le fédéral des mesures de lutte contre le coronavirus.

Ainsi, les sanctions administratives communales (SAC) ne peuvent être infligées à des mineurs d'âge, déplore-t-il. Pour ce qui concerne les infractions aux règles coronavirus, seul le montant de 250 euros est prévu, sans adaptation possible. "Pour certaines infractions, 250 euros, c'est beaucoup trop", estime Bart De Wever. "Bien sûr on va de l'avant, mais pour ce qui est de la gestion, je ne peux pas dire que le parcours ait été formidable jusqu'à présent".

Bart De Wever assure ne pas vouloir faire de l'opposition pour le moment. "Cela n'aurait pas de sens, ça paraîtrait très dur à avaler. Nous allons appliquer les mesures autant que nous le pouvons. Nous réglerons les comptes avec le gouvernement après la crise".

Le président de la N-VA évoque notamment la pénurie d'équipements médicaux de protection, qui à ses yeux devra faire l'objet d'une commission d'enquête. Il appelle aussi le gouvernement à présenter rapidement une stratégie de sortie de crise et un plan de relance lié au déconfinement progressif.

Jonas Roosens

Impact économique de la crise sanitaire

De Wever constate que l’inquiétude de la population à propos de la crise du coronavirus va plus loin que l’aspect sanitaire. Les gens se posent des questions sur l’avenir économique du pays. "Mes experts calculent une perte économique d’environ 8% du produit intérieur brut cette année. C’est un choc énorme. Si nous n’y prenons garde, toute une génération devra supporter le poids de ce qui se passe aujourd’hui”.

"Nous devons reprendre le travail, avec le matériel nécessaire pour nous protéger, avec des tests en masse - ce qui n’a pas lieu pour l’instant - et avec une distanciation sociale. Sinon les conséquences de la crise seront pires que la crise sanitaire-même". Le bourgmestre anversois estime donc que le gouvernement fédéral doit élaborer une stratégie de sortie du confinement qui prépare de façon convenable la relance économique du pays.