La population carcérale a été réduite à environ 10.000 détenus

Le nombre de détenus dans les prisons belges a été ramené à 10.000 durant cette crise de confinement pour endiguer la propagation du coronavirus. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Justice Koen Geens, lors de la commission Justice à la Chambre, mercredi après-midi. Plusieurs mesures ont été prises dans ce sens, a rappelé le ministre démocrate-chrétien.

Koen Geens est revenu plus précisément en fin d'allocution sur le nombre de détenus dans les prisons en Belgique, soit 9.870. Cela veut dire environ 1.000 prisonniers en moins en un mois, pour une capacité de 9.279 places dans les établissements pénitentiaires du pays. Koen Geens s'attend à ce que leur nombre baisse encore de quelques centaines dans les prochains jours.

Cette diminution fait suite à plusieurs mesures prises afin de réduire les concentrations au sein de la population pénitentiaire. Certaines condamnations seront par exemples reportées ou feront l'objet d'une surveillance électronique afin de ne pas rajouter de pression sur les prisons et maisons de justice, avec toutefois des exclusions strictes prévues.

Concernant la surveillance électronique, 445 suspects effectuent pour l'instant leur détention préventive sous bracelet et 1.414 condamnés ont été placés sous ce type de surveillance. On note une augmentation principalement en Flandre des détentions préventive sous bracelet électronique (+80), ailleurs les chiffres sont stables, a souligné Koen Geens.

Une autre mesure est l'interruption de l'exécution de la peine, qui doit être avalisée par le directeur et qui s'applique par exemple aux détenus ayant déjà "correctement effectué un congé", aux personnes vulnérables et à risque, ... "Les jours d'interruption de peine ne sont pas comptés comme des jours de détention et devront être purgés par la suite", a précisé le ministre Geens, assurant que les dossiers sont "sérieusement examinés au préalable".

Exceptions

Ce type de mesure ne s'adresse pas aux détenus incarcérés pour terrorisme, à ceux sans domicile, aux peines de plus de 10 ans, aux délits de mœurs, notamment. Le 7 avril dernier, 389 personnes étaient concernées. En cas de non-respect des conditions, cette mesure est directement retirée, assure le ministre.

Une autre consiste en la libération provisoire à six mois de la fin de la peine, une décision prise également par le directeur de l'établissement pénitentiaire. Les mêmes conditions d'exclusion s'appliquent (terrorisme, etc.). Cette mesure devrait entrer en vigueur la semaine prochaine, espère Koen Geens (photo). Selon les estimations, elle a sera appliquée à environ 150 détenus.

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