Sept entreprises de construction sur 10 voient leur carnet de commandes se vider

Quatre entreprises de construction sur dix (39%) ont vu leur carnet de commandes "très fortement" diminuer depuis la mi-mars, tandis que 33% font état d'une "forte" diminution des missions. C’est ce que révèle une enquête menée par la Confédération Construction auprès de 346 entreprises. En outre, 23% d'entre elles parlent d'un statu quo.

"Jusqu'à récemment, les carnets de commandes étaient remplis pour six mois, un record depuis 10 ans. Mais en quelques semaines, ce volume de travail s'est érodé", regrette Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction.

Avant la crise, le secteur était pourtant "en bonne santé, excellente même. Non seulement les carnets de commandes étaient bien remplis, mais la croissance dans notre secteur, de 2 à 3%, aurait été plus élevée que pour tous les autres secteurs réunis", souligne Mûelenaere.

L'organisme demande par ailleurs de la clarté pour poursuivre le travail. "Compte tenu des difficultés qui s'enchaînent, le secteur de la construction aurait tout intérêt à reprendre les activités au plus vite, tout en respectant les règles de distanciation sociale et les autres dispositions sanitaires."

Deux entreprises sur trois à nouveau en activité

Si l’on en croit un tour de table réalisé auprès de 1.066 sociétés de construction par l’organisation du secteur, la Bouwunie, deux entreprises de construction sur trois ont en partie ou totalement repris leurs activités à l’heure actuelle.

Il s'agit d'un chiffre en augmentation, puisque le taux était de 41% il y a deux semaines. "La construction reprend en partie prudemment, mais reste complètement à l'arrêt pour un tiers", relate le communiqué. Bouwunie demande dès lors une adaptation des mesures pour pouvoir travailler de manière sécurisée chez les particuliers.

Ce n'est pas permis actuellement, mais l'organisation souhaite que cela le soit à nouveau, à condition d'utiliser des moyens de protection supplémentaires pour réduire au maximum le risque de contamination. Bouwunie exige également, entre autres, une réduction des charges de 15% pour l'ensemble des travaux (nouvelle construction et rénovation) sur lesquels aucun taux de TVA réduit à 6% ne peut désormais être appliqué.

La possibilité d'effectuer un plus grand nombre d'heures supplémentaires est également demandée. Celles-ci devraient aussi faire l'objet d'une faveur sur le plan fiscal. Selon l'organisation sectorielle, 87% des entreprises de construction qui ont des employés ont réclamé le chômage temporaire partiel ou total.

Belga