"Trop de personnes ne respectent pas le confinement, ce week-end de Pâques"

Depuis le début du week-end de Pâques, plusieurs zones de police reçoivent de nombreuses plaintes pour non-respect des mesures de confinement. Il y a de plus en plus de gens en rue, dans les grands magasins pour faire du shopping et des gens organisent même des fêtes chez eux. Dirk Claes, le chef de corps de la zone de police de Bilzen-Hoeselt-Riemst, tire la sonnette d'alarme : "Arrêtez de penser que les choses vont mieux. Je crains que ce qui se passe ce week-end ne se traduise dans les chiffres la semaine prochaine". Dans le journal télévisé de la VRT, le virologue Marc Van Ranst a lui aussi appelé samedi soir à un regain de civisme: "Je comprends le ras le bol face au confinement, mais nous devons continuer à respecter les mesures. Si tout le monde ne le fait pas, la courbe s'élèvera à nouveau".

"Restez chez vous", tel est le slogan de ce printemps 2020. Vous l’entendez tous les jours depuis des semaines, mais apparemment certains n'ont toujours pas compris le message. Le week-end de Pâques, le beau temps et la lassitude face à l'enfermement : c'est un cocktail dangereux qui se traduit par la présence de plus en plus de gens en rue et l’organisation de fêtes chez les gens, rapportent certains districts de police.

Davantage de plaintes pour non-respect des règles

Dirk Claes, chef de corps de la zone de police du district de Bilzen-Hoeselt-Riemst, dans le sud du Limbourg. Cette zone est limitrophe de Maastricht, et proche de Saint-Trond et d'Alken, deux villes gravement touchées par l’épidémie. Dirk Claes et ses hommes s'inquiètent de l'augmentation des signalements depuis hier : "Le trafic automobile est plus intense ces derniers jours, il y a donc sans doute plus de mouvements non essentiels".

"Nous recevons également davantage d’appels de personnes inquiètes après des achats au supermarché, parce qu'il y a trop de monde dans les magasins et que les distances ne sont pas respectées", explique Dirk Claes. "Et puis il y a les fêtes chez les gens, surtout le soir, où les voisins sont inquiets. Hier soir, nous avons même dû intervenir pour une fête avec tapage nocturne".

"Ce qui m'inquiète aussi, c'est que nous ne pouvons pas intervenir pour toutes les plaintes", poursuit-il. "Avec notre capacité, il est impossible d'être au bon endroit au bon moment. Mais nous restons vigilants et réagissons autant que possible. Heureusement, nous n'avons pas beaucoup de malades dans notre corps pour le moment".

De plus en plus de réactions agressives face aux policiers

Non seulement les policiers de la zone Bilzen-Riemst-Hoeselt doivent intervenir plus souvent, mais les agents sont également de plus en plus confrontés à des remarques désagréables voire des insultes. "Nous n'avons pas demandé à faire cela", soupire Dirk Claes. "Les gens pensent que la police exagère, que nous sommes trop stricts, que le gouvernement ne fait cela que pour extorquer de l'argent aux gens".

"Nous n'apprécions pas de devoir intervenir", poursuit-il. "Presque tous les agents ont des enfants et leur propre santé est également en jeu. Et ils sont inquiets".

Même si c'est Pâques, restez chez vous

"Météo radieuse et week-end de Pâques, constituent un cocktail dangereux, or il est important que nous continuions tous à suivre les mesures de confinement".

Hier soir, dans le journal télévisé de la VRT, le virologue Marc Van Ranst a insisté : "Je comprends le ras le bol face au confinement. Personne n'aime devoir rester à l'intérieur, mais les mesures doivent demeurer ce qu'elles sont, et doivent aussi être bien suivies".

"La courbe qui vient à peine de baisser est si fragile que si tout le monde ne fait pas un effort elle remontera à nouveau. Nous avons besoin d’actes de civisme", a déclaré Marc Van Ranst.

Le chef de la police Dirk Claes partage son avis : "Prenez les mesures du gouvernement au sérieux et arrêtez de penser que tout va bien et que les choses vont mieux. Je crains que ce qui se passe aujourd'hui ne se traduise dans les chiffres la semaine prochaine".

Si nous devenons plus laxistes maintenant, nous en verrons les effets dans deux semaines."

Steven Van Gucht, virologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, met en garde contre une attitude trop laxiste vis-à-vis des mesures de confinement en cette période. "Je pense que nous devons faire attention", a-t-il déclaré dimanche sur la chaîne de télévision VTM. "Il est normal que les gens se lassent des mesures. Mais nous devons être conscients que le virus continue de circuler. Si nous devenons plus laxistes maintenant, nous en verrons les effets dans deux semaines."

Selon le virologue, les derniers chiffres confirment "la tendance encourageante" de ces derniers jours. Le nombre d'admissions à l'hôpital se stabilise tandis qu'on enregistre également une légère baisse des patients en soins intensifs.
Mais comme d'autres experts, Steven Van Gucht met en garde contre le relâchement du confinement et des mesures prises pour ralentir la propagation du coronavirus. 

Le virologue considère par ailleurs qu'il sera "difficile" de voyager à l'étranger cet été. "Mais nous serons plus libres que nous ne le sommes actuellement", a-t-il ajouté. "J'espère que nous pourrons nous asseoir à une terrasse."