Avec la crise sanitaire de plus en plus de locataires ne parviennent plus à payer leur loyer

Pour la première fois, la Plate-forme flamande des locataires et l'association des propriétaires tirent ensemble la sonnette d'alarme : elles demandent une allocation temporaire pour les locataires qui ne parviennent pas à payer leur loyer durant la crise du coronavirus. Le marché de la location rencontre également des difficultés. À l'expiration du bail, il est difficile de trouver un nouveau logement. "Donnez aux gens la possibilité de différer leur loyer", estiment les associations.

La plate-forme flamande des locataires a reçu des centaines d'appels ces dernières semaines de personnes inquiètes qui ne savent plus payer leur loyer. "Même avant la crise, la moitié des locataires avaient déjà des problèmes financiers", explique la porte-parole Joy Verstichele. "Les mesures de confinement et les revenus limités de nombreux locataires aggravent encore ce problème."

Hormis le prolongement du moratoire sur les expulsions locatives, "les responsables politiques n'ont strictement pris aucune mesure en faveur des locataires", dénonce le Syndicat des Locataires dans un communiqué.

Mais les propriétaires aussi ont du mal à s'en sortir. Les revenus limités de nombreux locataires donnent lieu à des arriérés de loyer, ce qui fait également que les propriétaires perdent de l’argent. C'est pourquoi la Plate-forme flamande des locataires et Propriétaires préconisent une solution commune : une allocation temporaire de loyer suite au coronavirus.

Selon Katelijne D'Hauwers, une allocation gouvernementale temporaire des loyers résoudrait en grande partie le problème sur le marché locatif privé. "Nous constatons même que les locataires qui paient toujours à l'heure risquent tôt ou tard de rencontrer des problèmes financiers. À partir de juillet, la plupart des gens pourront probablement reprendre le travail, ce qui leur permettra de payer à nouveau leur loyer. Mais s'ils ont accumulé des dettes, cela deviendra beaucoup plus difficile".

En outre, Katelijne D'Hauwers s'attend à de nombreux problèmes supplémentaires si les arriérés de loyer ne sont pas payés. "Nous craignons que la perte de revenus pour de nombreux propriétaires ne soit la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Il est possible que de nombreuses procédures soient engagées devant le juge de paix.  

"Faites preuve de compréhension les uns envers les autres"

Le syndicat des locataires compte également sur le gouvernement flamand pour l'aider à résoudre le problème. Selon eux, un octroi réglementé ou un report de quelques mois donnerait aux locataires plus de temps pour chercher une solution. "Mais la suggestion de prolonger automatiquement les contrats de location arrivant à échéance pourrait causer plus de cas problématiques", estime le ministre flamand du logement Matthias Diependaele (N-VA).

Néanmoins, le ministre demande que tous les renvois non urgents soient reportés. "Si le contrat de location arrive à son terme et que le locataire ne peut pas déménager, il y a une autre option", explique Matthias Diependaele. "Le propriétaire et le locataire peuvent convenir d'une occupation temporaire "pour la commodité". Dans ce cas, le bail n'est pas prolongé, mais le propriétaire accorde un droit de séjour au locataire, qui paie une taxe d'occupation". En outre, le ministre appelle à une flexibilité et à la compréhension de la situation de chacun.