Faudra-t-il un "pass" pour aller à la Côte belge cet été?

Alors qu’il y a de fortes chances que les vacances à l’étranger tombent à l’eau cet été, la Côte pourrait bien se voir envahie de monde. Comment la situation va-t-elle être gérée en cette période de coronavirus et de distanciation sociale ? Les bourgmestres concernés cherchent des solutions. L’une d’entre elles, avancée par le mayeur d’Ostende Bart Tommelein, serait de donner la priorité aux habitants et aux propriétaires d’une seconde résidence. Selon le virologue Steven Van Gucht, il va en tous cas falloir se montrer créatif. 

Cet été 2020, la Côte belge pourrait bien devoir accueillir des centaines de milliers de personnes, tout en s’assurant que le mètre et demi de distance soit respecté entre les vacanciers. Le défi est loin d’être évident. "Il va bien falloir bien réfléchir pour voir comment s’organiser et permettre aux gens de pouvoir profiter de leur temps libre et avoir des vacances sans que tout le monde se retrouve au même moment au même endroit", fait remarquer Steven Van Gucht sur le plateau de Terzake (VRT). 

Une police des plages ?

Aux yeux du bourgmestre d’Ostende, Bart Tommelein (Open VLD), il faudra probablement donner la priorité aux habitants de la commune balnéaire, et aux personnes qui paient des impôts pour une seconde résidence. "Il me semble que ce sont les premières personnes à avoir droit à une partie de la plage", estime-t-il. D’après lui, une police des plages sera dès lors probablement nécessaire cet été. 

L’idée ne semble pas réellement plaire à son collègue et bourgmestre de Middelkerke, Jean-Marie Dedecker. "Chacun va devoir faire preuve de bon sens. Mais les gens sont depuis si longtemps enfermés chez eux. Ils ont besoin d’espoir, ils veulent pouvoir jouer dans l’eau et profiter de l’air iodé de la mer, et nous voulons pouvoir leur offrir cela", souligne-t-il. 

La côte n’est pas un festival : il n’y a pas une entrée principale pour pouvoir compter le nombre de visiteurs

Daphné Duméry (N-VA), bourgmestre de Blankenberge

Même son de cloche du côté de Daphné Duméry (N-VA), bourgmestre de Blankenberge. "Les choses seront clairement différentes cette année, mais on ne peut tout de même pas tout germer. La côte n’est pas un festival : il n’y a pas une entrée principale pour pouvoir compter le nombre de visiteurs. On ne peut pas se barricader", fait-elle savoir. 

"Les gens se promènent le matin à Knokke, puis ils mangent à midi à Blankenberge et le soir ils veulent peut-être encore se balader au Coq. Chaque commune va-t-elle devoir travailler ensemble avec différents systèmes ? Cela risque d’engendrer beaucoup de tracas administratifs pour nous et pour les touristes". 

J’espère que la décision sera prise par le gouvernement fédéral, et non pas individuellement par chacun des bourgmestres

Bram Degrieck, bourgmestre de La Panne

Le bourgmestre de La Panne, Bram Degrieck, n’est pas non plus enthousiaste quant à un "pass" pour accéder à la Côte. "Dans certaines communes cela fonctionnera sans doute mieux que dans d’autres. Mais j’espère en tous cas que la décision sera prise par le gouvernement fédéral, et non pas individuellement par chacun des bourgmestres", indique-t-il. 

A Nieuport, son collègue Geert Van den Broucke (CD&V) estime que des règles vont être nécessaires. "Les gens osent parfois oublier les règles, et s’agglutiner par exemple devant le vendeur de glaces. Il est donc nécessaire d’amener de la clarté." 

Une concertation de l’Union des bourgmestres de la Côte est prévue ce vendredi par téléconférence. "Nous espérons surtout pour l’horeca et les magasins que les touristes pourront venir", conclut le bourgmestre de Zeebrugge, Dirk De Fauw (CD&V). 

Partir tout de même à l’étranger ?

Alors que les congés de Pâques s’achèvent doucement, d’aucuns continuent de se demander s’ils pourront tout de même partir en vacances à l’étranger cet été. "Cela ne dépendra pas de moi, mais de tout le contexte international", rappelle le virologue Steven VanGucht. "Certains pays n’ont pas envie d’accueillir des Belges car ils considèrent qu’ils sont infectés par le virus. Nous aussi, nous voulons éviter d’autres pays parce qu’ils sont vus comme étant trop risqués", remarque-t-il. 

"La situation est pour le moment en pleine évolution. Personne ne sait précisément où on en sera dans un ou deux mois", conclut-il.