Hilde De Windt

Le ministre flamand de l’Enseignement suggère de prolonger l’année scolaire

Dans une interview accordée au quotidien Het Nieuwsblad, le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), a proposé que l’année académique dure un peu plus longtemps que d’habitude. Selon lui, les délibérations et proclamations pourraient par exemple se tenir après le 30 juin, afin de profiter un maximum du temps qu’il reste pour poursuivre les cours. Les syndicats du secteur n’ont toutefois pas tardé à exprimer leur désapprobation. 

Avec la suspension des cours due à la pandémie du coronavirus, les écoles auront fermé leurs portes durant une période d’au moins 5 semaines. Environ 10% des journées de cours auront ainsi été perdues.

"Le but est désormais de donner un maximum de leçons", estime Ben Weyts. "Normalement, l’année scolaire s’achève le 30 juin. Mais ce serait peut-être une bonne proposition de continuer de donner cours et de faire des évaluations jusqu’à cette date, et de n’organiser qu’après les délibérations et les proclamations", poursuit-il. "La décision revient toutefois aux écoles", précise le ministre.

Les syndicats sceptiques

Les syndicats chrétien et socialiste n’ont pas tardé à exprimer leur désapprobation face à la suggestion du ministre flamand de l’Enseignement.

"Les élèves et les enseignants ont déjà beaucoup travaillé durant la période du coronavirus, peut-être d’une autre façon, mais ce n’était certainement pas des vacances", a commenté Nancy Libert de l’ACOD Enseignement. "Beaucoup d’instituteurs ont aussi travaillé durant les vacances de Pâques pour pouvoir proposer dès lundi de nouvelles matières par voie numérique", ajoute-t-elle.

Selon le représentant du syndicat chrétien COC, le choix du ministre est "étrange". "Au niveau du contenu, quelle différence apporteront ces 3 ou 4 jours ?", se demande Koen Van Kerkhoven. "N’oublions d’ailleurs pas non plus que les délibérations ont déjà souvent lieu le soir, en dehors des périodes de cours", ajoute-t-il.

L’enseignement communautaire se dit ouvert

Autre son de cloche du côté de l’enseignement communautaire : "Nous sommes certainement ouverts à la proposition de donner cours le plus longtemps possible et de délibérer plus tard", commente l’administratrice Raymonda Verdyck.

Cette dernière trouve toutefois également que le choix doit revenir aux écoles. Selon elle, un cadre juridique doit par ailleurs être élaboré. "Pour les enseignants, l’année se termine le 30 juin, comme le veut le décret. Une adaptation sous la forme d’un décret d’urgence doit être entreprise", conclut-elle.