Les villes et communes flamandes réclament un cadre clair concernant les masques

L'Union des villes et communes flamandes (Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten - VVSG) demande aux autorités fédérales qu'elles définissent rapidement un cadre sur les conditions et les normes des masques pour la population. Entretemps, de plus en plus de communes flamandes distribuent des masques gratuits à leurs habitants. Quant aux sourds et malentendants, ils plaident pour la fabrication de masques buccaux transparents.

"Plusieurs communes commencent à distribuer des masques à leurs habitrants. Cette initiative fait suite à l'annonce du Conseil national de sécurité, qui indiquait que les masques auront un rôle à jouer au moment du déconfinement", a expliqué, ce mercredi, la porte-parole des villes et communes du nord du pays.

"Nous comprenons ces communes. Les gens sont inquiets et le disent aux bourgmestres. Mais pour nous, il est important que les autorités définissent un cadre clair, avec les normes, où porter les masques et une éventuelle intervention dans leur achat", a ajouté Nathalie Debast.

L'Union des villes et communes flamandes demande enfin à être consultée avant le prochain Conseil national de sécurité, prévu vendredi. Mardi, son homologue au sud du pays, l'UVCW, avait quant à elle appelé le gouvernement fédéral à distribuer gratuitement des masques à l'ensemble de la population.

Entretemps, un nombre croissant de communes flamandes distribuent des masques gratuits à leur population. Souvent, ce sont d’ailleurs des bénévoles ou des entreprises de ces villes et communes qui les ont partiellement fabriqués. Ainsi, dans la ville universitaire de Louvain et quelques autres communes du Brabant flamand, il a été décidé de distribuer des masques aux habitants. Des communes limbourgeoises, comme Heers et Hoeselt, leur emboitent le pas. Hoeselt possède un taux peu élevé de contaminations au coronavirus et voudrait conserver cette situation.

Les communes de Mol, Dessel, Putte et Malines, en province anversoise, étudient aussi comment effectuer pareille distribution à leurs habitants. La commune d’Oudenburg avait été la première à acheter un millier de masques buccaux à l’organisation Think Pink, qui récolte des fonds pour la recherche sur le cancer. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi bien d’autres.

Sourds et malentendants plaident pour une fabrication de masques transparents

Les masques buccaux, dont le port dans les lieux fréquentés devrait accompagner la levée progressive du confinement, privent les personnes sourdes et malentendantes d'un support visuel précieux. La Fédération francophone des sourds de Belgique plaide pour la fabrication de masques transparents qui pourraient faciliter la communication avec les personnes atteintes de déficience auditive.

Pour les personnes malentendantes, le mouvement des lèvres et les expressions du visage constituent en effet de précieux indices pour la compréhension de leurs interlocuteurs. "Voir une personne signer sans voir ses expressions, c'est comme entendre une phrase à laquelle il manque des lettres, des mots ou des syllabes", explique la fédération, qui plaide pour la fabrication de masques transparents aux normes de protection optimales.

"Idéalement, toute personne étant susceptible d'entrer en contact avec une personne sourde devrait pouvoir disposer d'un masque transparent aux normes attendues", plaide la directrice de la Fédération francophone des sourds de Belgique, Marie-Florence Devalet. À l'heure actuelle, il existe des solutions de fortune, mais l'organisme souhaite que les entreprises de fabrication de masques s'attèlent également à la production de masques chirurgicaux et de type FFP2 (les plus protecteurs) transparents.

"Chaque hôpital ou milieu médicalisé devrait disposer d'une réserve suffisante de ce type de masques pour l'accueil de patients sourds et malentendants, ainsi que pour rassurer le public angoissé de ne pas voir le visage du soignant par exemple. Les milieux d'accueil du public sourd et malentendant comme les crèches, les écoles, les résidences pour personnes âgées ou avec handicaps associés, les associations, les services d'accompagnement et sociaux, ou encore les administrations et entreprises qui travaillent avec ces personnes, ont besoin de ce type de masques", souligne Marie-Florence Devalet.

BELGA