Pollution de l’Escaut : Les autorités belges n’ont pas été alertées par la France

On en sait un peu plus sur la grave pollution qui touche l’Escaut et ses affluents. Une digue s'est rompue, début avril, dans une sucrerie du Nord de la France. L'eau, chargée en dioxyde de carbone, s'est déversée dans l'Escaut, engendrant une vaste pollution dans le fleuve. En manque d'oxygène, des milliers de poissons sont morts en France, en Wallonie et à présent en Flandre.

La nuit du 9 au 10 avril dernier, une digue d'un bassin de décantation s'est rompue au sein de la sucrerie Tereos, implantée à Thun-Saint-Martin, dans le Nord de la France. Plusieurs habitations de cette localité, située entre Cambrai et Valenciennes, ont été touchées par cette inondation. A la suite de cet accident, quelque 100.000 mètres cubes de boues de lavage des betteraves se sont déversés dans l'Escaut. Il ne s'agit pas d'une pollution chimique mais organique.

Une enquête judiciaire a été ouverte en France par des inspecteurs de l'environnement pour des faits de pollution des eaux superficielles. Les autorités belges n'ont cependant pas été alertées.

La boue déversée dans le fleuve était chargée en dioxyde de carbone, ce qui a grandement réduit le taux d'oxygène dans l'eau, engendrant la mort de milliers de poissons de chaque côté de la frontière.

Les communes belges de Bléharies (Brunehaut) et d'Antoing ont été les premières à constater, dès lundi, le décès de milliers de poissons. Les pompiers de Wallonie picarde sont intervenus lundi soir et mardi en journée afin de réoxygéner le fleuve à l'aide de pompes. Mercredi, les communes flamandes d'Audenarde et de Kerkhove étaient à leur tour touchées par cette pollution, qui a de graves conséquences sur le faune aquatique. A Gand des barrages ont été installés pour que les eaux de l’Escaut ne polluent pas les canaux intérieurs.

Il s'agit d'une catastrophe écologique majeure
Céline Tellier (Ecolo)

Interrogée par nos collègues de la télévision locale Notélé, la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier (Ecolo) a déclaré qu’il s’agissait d’une "catastrophe écologique majeure et qu’elle ne resterait pas sans conséquence. Une plainte sera déposée".