Geert Bourgeois craint un Brexit catastrophique en plus de la crise de Covid-19

L’ancien ministre-président flamand et actuel député au Parlement européen Geert Bourgeois (N-VA) indiquait ce vendredi matin, dans une interview accordée à Radio 1 (VRT), craindre une sortie catastrophique du Royaume-Uni de l’Union européenne en plus de la crise mondiale de l’épidémie du coronavirus. Ces dernières semaines, les négociations entre les pays membres de l’Union et le Royaume-Uni sur les modalités concrètes du Brexit se sont poursuivies, mais un accord est loin d’être en vue. Ce qui pourrait coûter très cher à la Flandre, souligne Geert Bourgeois (photo).

En ces temps de crise sanitaire, on pourrait presque avoir oublié que les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se poursuivent en principe jusqu’à la fin de l’année. Officiellement, le Royaume-Uni ne fait déjà plus partie de l’Union, mais les modalités de cette sortie et la poursuite des relations entre le pays et les Etats membres doivent encore être négociées. La Flandre, par laquelle le Royaume-Uni est un pays d’exportation majeur, suit de près ces négociations, non sans angoisse.

Les négociations ont repris lundi dernier, après que le principal négociateur britannique, David Frost, et son homologue européen Michel Barnier se soient tous deux remis d'une infection au coronavirus. La phase de transition, qui doit permettre ces négociations entre Union européenne et Royaume-Uni dans de très nombreux domaines, est prévue jusque fin 2020. Elle déterminera les futures relations commerciales entre les deux entités, mais aussi le tourisme et les conditions de travail de citoyens européens au Royaume-Uni.

"Je crains un Brexit catastrophique, en plus de la catastrophe Covid-19", avouait le député européen Geert Bourgeois (N-VA) ce vendredi dans l’émission "De ochtend" de la VRT. "Les négociations ne se passent pas très bien. L’éventualité d’un divorce sans aucun accord n’a pas encore été écartée. Les Britanniques réclament plusieurs accords partiels, alors que l’Union européenne opte pour un grand accord exhaustif. L’approche, le contenu et l’avancement des négociations m’inquiètent", reconnait Geert Bourgeois.

"Envisager le pire des scénarios"

Le Royaume-Uni pourrait encore opter pour un report, jusqu’en 2022. "Seuls les Britanniques peuvent demander ce report, mais avant le 1er juillet prochain", indique Bourgeois. Le gouvernement de Boris Johnson a cependant déjà fait savoir qu’il ne voulait pas demander de report, et ses négociateurs menacent même de quitter la table s’il n’y a pas de perspective d’accord commercial d’ici la fin du mois de juin.

"A cause de l’épidémie de coronavirus, notre économie régresse de 8 à 9%. Imaginez que s’y ajoute un Brexit sans accord. Nous y perdrions encore 2,6% supplémentaires. Ce serait une double catastrophe", estime le député européen. D’autant plus que la pandémie complique les négociations. "Le principal négociateur pour l’Union, Michel Barnier, a été malade, tout comme le Premier ministre britannique Boris Johnson. Tout doit maintenant être discuté à distance".

"S’il n’y a pas d’accord rapidement, la Première ministre Sophie Wilmès devra défendre nos intérêts. Nous nous concentrons actuellement sur la crise sanitaire, mais un Brexit sans accord n’a pas encore été exclu. J’espère encore toujours qu’un accord pourra être conclu, mais les points de vue sont très éloignés. Nous devons donc envisager le pire des scénarios".

"La Flandre serait gravement affectée par l’absence d’un accord. Ajouté à la crise du coronavirus, ce serait difficilement gérable”, concluait Geert Bourgeois. Le négociateur pour l’Union, Michel Barnier (photo, à droite) devrait donner ce vendredi une conférence de presse sur l’avancement des négociations autour du Brexit.

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