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Déconfinement : les fleuristes déconfits, les coiffeurs confiants

Les fleuristes ne pourront rouvrir leurs portes que le 11 mai au plus tôt, soit au lendemain de la fête des mères, déplore le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) ce samedi. Le timing de cette réouverture, qui vaut pour l'ensemble des commerces (pour éviter des discriminations), a été communiqué vendredi soir par le gouvernement dans la foulée du Conseil national de sécurité.

Mais le secteur souligne que le mois de mai représente 30% du chiffre d'affaires annuel des fleuristes grâce au 1er Mai et à la fête des Mères (10 mai cette année). "Les revenus générés en cette période permettent également de financer les achats de la deuxième partie de l'année. N'oublions pas qu'ils ont dû également jeter leurs stocks de fleurs fraîches avant le confinement, ce qui avait déjà entraîné un lourd manque à gagner pour lequel il n'existe pas encore de compensation", relève le SNI.

Le syndicat s'inquiète du sort des fleuristes alors que les jardineries (photo) ont déjà pu rouvrir la semaine dernière, pendant le congé de Pâques. "Le fait qu'ils ne peuvent ouvrir que le lendemain de la fête des mères est véritablement la goutte d'eau qui fait déborder le vase", pointe le SNI, qui demande que les autorités donnent la possibilité d'ouvrir durant les deux week-ends du début mai, le cas échéant sur rendez-vous.

Le 18 mai pour les coiffeurs? "Décision logique"

La fédération professionnelle Coiffure.org se réjouit par contre que les coiffeurs aient de nouveau une perspective de réouverture, dans un avenir pas trop lointain. Le Conseil national de sécurité envisage en effet de relancer l'activité du secteur le 18 mai. "C'est une date logique", a déclaré le vice-président de Coiffure.org, Jef Vermeulen. "Non seulement en ce qui concerne la santé des coiffeurs et de leurs clients, mais aussi parce que ça nous donne le temps de nous préparer" à reprendre les ciseaux.

La Première ministre Sophie Wilmès a annoncé vendredi en conférence de presse qu'"il sera examiné si et sous quelles conditions les professions impliquant des contacts physiques, comme les coiffeurs, pourraient reprendre le travail" à partir du 18 mai. L'important pour Jef Vermeulen est que les coiffeurs, avec ou sans employés, soient traités de manière égale.

Il insiste par ailleurs pour que les professionnels du secteur reçoivent bien à temps les directives pour leur réouverture. Il s'attend notamment à ce que les coiffeurs puissent recevoir leur clientèle uniquement sur rendez-vous et que ces praticiens (et peut-être aussi leurs clients) doivent porter un masque et des gants.

Si le Conseil national de sécurité devait finalement décider de ne pas rouvrir les salons de coiffure le18 mai, ce serait une "douche froide". "Dans ce cas, nous ferions tout pour tout de même pouvoir ouvrir", prévient Vermeulen. La fermeture des salons pendant une trop longue période serait en effet problématique, "parce que les coûts fixes continuent à courir." Des mesures de soutien supplémentaires seront d'ailleurs "très certainement" nécessaires afin d'éviter les faillites, a souligné le vice-président de Coiffure.org.