Déconfinement: la Première ministre rappelle que les dates annoncées sont indicatives, à confirmer

Invitée ce dimanche midi sur les plateaux de plusieurs chaînes télévisées, dont notamment "De Zevende Dag" à la VRT (photo) et chez nos confrères de RTL-TVi, la Première ministre Sophie Wilmès a une nouvelle fois souligné que les dates énoncées lors de la longue conférence de presse de vendredi soir, à l’issue d’une réunion de 7 heures du Conseil national de sécurité, ne sont que des objectifs dans le cadre du plan de déconfinement progressif. "A chaque fois que nous devrons passer d'une étape à une autre, nous allons nous assurer que la situation sanitaire le permet bien. C'est quelque chose qui doit devenir une évidence", expliquait Wilmès. Elle admettait que la présentation des étapes de déconfinement (avec un Powerpoint) aurait pu être plus claire, mais jugeait normal que la discussion au sein du Conseil de sécurité ait duré longtemps, étant donné que ce sont tous les aspects de la vie de notre société qui devaient être envisagés.

Sophie Wilmès est revenue dimanche sur la réunion du Conseil national de sécurité de vendredi et sur les décisions qui y ont été prises. En soulignant avant tout le caractère évolutif du déconfinement annoncé. "Nous n'avons pas réponse à tout. C'est normal. Nous sommes en train de réinventer le fonctionnement de la société", a-t-elle avancé. "Notre société ne peut continuer longtemps à vivre comme elle le fait actuellement, mais nous devons assouplir les restrictions dans la mesure du possible et en suivant le monitoring des experts. Nous devons être certains qu’à la fin du déconfinement nous aurons l’épidémie sous contrôle", soulignait la Première ministre.

Elle reconfirmait que la première étape du déconfinement doit normalement débuter le 4 mai, avec la reprise du travail dans l’industrie et les entreprises qui font du business to business, mais que la confirmation de cette date est tributaire d’une diminution encore accrue du nombre d’hospitalisations. Si cette baisse n’est pas suffisante, l’ouverture des magasins prévue le 11 mai et la reprise de cours pour certains élèves dans les écoles le 18 mai devront également être retardés.

La Première ministre a aussi indiqué que des précisions allaient être apportées à certaines décisions. Par exemple, "nous allons travailler la semaine prochaine avec le GEES (groupe d'experts consacré au déconfinement) pour limiter l'accès aux commerces et limiter l'effet de foule", a-t-elle illustré. "On pourrait ainsi dire 'si vous voulez aller faire vos courses, vous le faites seul'. On pourrait aussi décider que telle ou telle personne pourrait faire du shopping à tel ou tel moment de la journée, par exemple".

"Il était important de s’assurer d’un consensus"

Sophie Wilmès a aussi justifié l'heure tardive de la conférence de presse de vendredi, qui s'est tenue à 22h. "Déconfiner, on ne l'a jamais fait. Ça ne se fait pas sur le bout d'une table", a-t-elle fait valoir, ajoutant qu’il était normal que cela dure longtemps et que des réunions préparatoires avaient déjà eu lieu la semaine dernière.

"Ce qui a pris du temps, c'était de s'assurer qu'on se mettait bien d'accord en même temps sur les mêmes choses. C'est une bonne chose que l'on puisse se mettre d'accord entre entités fédérale et fédérées. C'était important de s'assurer du consensus, sinon celui-ci pouvait être détricoté ensuite, et cela ne serait pas acceptable."

Et Sophie Wilmès d'ajouter: "Quand nous prenons des décisions, nous les communiquons immédiatement. C’est l’habitude en Belgique. Même si c'est à 22h, et je suis navrée pour l'attente, je préfère que la décision soit prise de manière rigoureuse et qu'elle soit communiquée juste après." Et il est "d’autant plus important de communiquer immédiatement que certains n’attendent pas que des décisions soient prises pour communiquer, et cela crée une confusion", ajoutait Wilmès en faisant allusion aux diverses fuites des avis de divers experts qui ont eu lieu au cours de la semaine, avant que le Conseil de sécurité ne se réunisse vendredi. Des fuites que Sophie Wilmès et le virologue Marc Van Ranst, notamment, avaient vivement regrettées.

"Nous sommes sur la même ligne d’onde que les experts. C’est avec eux que nous déciderons, étape par étape, si nous pouvons donner le feu vert à chaque prochain objectif du plan de déconfinement. C’est le gouvernement qui assumera la responsabilité de donner ce feu vert, de faire des choix dans des conditions difficiles", concluait Sophie Wilmès sur le plateau de la VRT.