Le secteur culturel réclame d'urgence le chômage économique

Le secteur culturel exhorte ce mardi encore les autorités fédérales à officialiser par arrêté royal l'accès au chômage temporaire pour les artistes et les intermittents du spectacle, alors que la crise économique liée à la pandémie de coronavirus les affecte tout particulièrement.

La ministre de l'Economie Nathalie Muylle (CD&V) a annoncé la semaine dernière que les personnes sous statut d'artiste pourront également bénéficier des mesures de chômage économique prises dans le cadre de la pandémie de coronavirus. Mais l'arrêté royal tarde à être signé, déplorent ce mardi plusieurs fédérations culturelles, qui ont adressé une énième lettre au gouvernement fédéral afin que celui-ci "prenne en compte leurs spécificités dans la gestion sociale de la crise".

Entretemps, "la fin du mois se profile mais en l'état, des milliers de travailleurs et travailleuses du secteur, dont les contrats n'ont pu être prestés, vont se retrouver sans aucun revenu", s'inquiètent les fédérations culturelles. Elles demandent dès lors la rédaction immédiate d'un arrêté royal incluant la possibilité pour les employeurs du secteur artistique de demander le chômage temporaire pour force majeure pour tout travailleur dont l'engagement a été suspendu ou annulé pour cause de coronavirus.

"L'absence d'application de la mesure générale du chômage temporaire pour force majeure pour les travailleurs du secteur culturel constitue en effet une discrimination contraire aux Articles 10 et 11 de la Constitution qui ne peut être tolérée", pointent-elles. Elles demandent par ailleurs que la ministre Muylle retire la condition sine qua non selon laquelle "les contrats d'emploi doivent avoir été signés avant le 13 mars" pour pouvoir bénéficier d'un revenu de remplacement. "Ce n'est pas du tout adapté à la réalité du métier, de nombreux artistes signent en effet leur contrat en dernière minute", explique Isabelle Jans, coordinatrice d'Aires Libres, la Fédération des Arts de la Rue, des Arts du Cirque et des Arts Forains. "En l'état, la plupart des intermittents ne pourraient dès lors pas y prétendre."

Enfin, le secteur réclame que ces mesures d'accès au chômage temporaire soient prolongées jusqu'à la reprise complète de ses activités. D'après le Risk Economic Management Group (ERMG), le secteur "arts, spectacles et activités récréatives" est le plus touché par la crise économique (-92%). Les activités culturelles sont totalement à l'arrêt depuis le 13 mars et aucune date de reprise n'est actuellement envisagée avant le 31 août. "A cet égard nous vous rappelons que l'économie culturelle participe grandement à l'essor économique, et qu'au même titre que d'autres secteurs, elle a le droit à ce que les conséquences de la crise soient assumées, par le fédéral", concluent les fédérations culturelles dans leur lettre aux autorités.

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