Lufthansa ne compte pas lâcher sa filiale belge Brussels Airlines

Le groupe allemand Lufthansa ne compte pas lâcher sa filiale belge Brussels Airlines, notamment parce que celle-ci reste un partenaire important pour les vols vers l’Afrique. C’est ce qu’a fait comprendre le CEO de Lufthansa, Carsten Spohr, dans une lettre adressée à la Première ministre Sophie Wilmès, a appris la VRT.

Brussels Airlines a d'urgence besoin d'un soutien public. La compagnie aérienne, dont l'essentiel de la flotte est cloué au sol par la pandémie de Covid-19, peut encore financièrement tenir environ jusqu'à la fin du mois de mai. A l’heure actuelle, elle envisage encore toujours de reprendre ses vols le 15 mai. Mais une décision définitive devra être prise dans les prochains jours, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, en Belgique notamment.

La compagnie aérienne belge a frappé à la porte du gouvernement fédéral pour demander un soutien financier. Il serait question d'un montant, non confirmé, de 290 millions d'euros. Dans sa lettre, le CEO du groupe allemand (Lufthansa, Swiss, Austrian, Brussels Airlines et Eurowings) entend clarifier un certain nombre de points. Il y souligne notamment l'importance de rester rentable et de conserver "notre position concurrentielle en tant que groupe".

Le fait que les Allemands indiquent vouloir conserver le groupe Lufthansa tel qu'il est et donc ne pas vouloir laisser partir Brussels Airlines n'est pas sans importance. Les intentions de la maison-mère allemande par rapport à la compagnie belge n'ont pas toujours été très claires dans le passé. Lufthansa a néanmoins investi ces dernières années dans la compagnie aérienne belge : plus de 400 millions d’euros, ce qui représente plusieurs centaines d’emplois et le redoublement du nombre de passagers, qui est passé à plus de 10 millions par an.

Une aide belge pour la filiale belge ?

Dans sa missive à la Première ministre Sophie Wilmès, le CEO de Lufthansa souligne encore qu'une éventuelle aide d'État pour Brussels Airlines ne serait utilisée qu'au profit de Brussels Airlines. Elle ne disparaitrait donc pas dans le pot commun pour le groupe allemand Lufthansa, rassure Carsten Spohr face à certaines craintes émises en Belgique.

Lufthansa possède une "caisse de guerre" d’environ 4 milliards d’euros, mais la crise sanitaire force le groupe allemand à utiliser ces fonds avant tout pour maintenir la branche allemande à flot. Les filiales demandent donc à leurs gouvernements respectifs d’intervenir au niveau financier.

Lufthansa demande aussi que la collaboration se renforce au sein de l’Europe pour pouvoir mieux faire face à la concurrence extra-européenne. Des compagnies aériennes des Etats arabes du Golfe persique - comme Emirates, Qatar Airways ou Etihad Airways - bénéficient en effet de gros avantages fiscaux à Dubaï et au Qatar.

Brussels Airlines demeure importante

La lettre de Carsten Spohr (photo), que la rédaction de VRT NWS a pu consulter, ressemble un peu à une offensive diplomatique de l’Allemagne, bien que des engagements concrets y soient pris qui sont importants pour la délégation belge. Le CEO de Lufthansa souligne ainsi que Brussels Airlines reste un partenaire important dans le groupe allemand, certainement pour les vols vers l’Afrique.

Il indique en outre que la position de Bruxelles peut encore être développée dans le groupe. "Brussels Airlines et sa position forte en Afrique, en plus de son attachement solide à l’économie et au marché belges, possède un potentiel particulièrement important, que nous pouvons encore développer. Le hub aérien à Bruxelles est particulièrement important pour le groupe Lufthansa".

Nicolas Maeterlinck