Mon compagnon peut-il me rendre visite sans risquer d'amende? La réponse déroutante du SPF Santé publique

Les internautes ont assisté à un étrange échange sur Twitter entre une citoyenne et le SPF Santé publique. Michelle Uytdenhouwen, résidante à Schilde, demandait si son compagnon, vivant à Knokke, pouvait désormais prendre la voiture pour venir la voir, sans risquer une contravention. "C’est toujours la police qui décide si elle verbalise ou non. Mais à proprement parler, ce n’est pas interdit", lui a répondu le SPF Santé publique. 

Michelle n’a plus vu son compagnon depuis le début des mesures de confinement, le 18 mars dernier. Alors qu’un assouplissement des règles est doucement mis en place, elle a voulu savoir si son amoureux pouvait désormais venir la voir. "Je voulais simplement savoir s’il risquait une amende", commente-elle sur les ondes de Radio 2 (VRT). 

Sur Twitter, le SPF Santé publique semble avoir du mal à lui répondre concrètement. "Michelle, nous comprenons qu’une relation à distance n’est pas facile en cette période. Visiter son compagnon n’est pas interdit, ce faisant vous augmentez cependant le risque de devenir porteuse du virus et d’infecter quelqu’un de votre entourage", lui a répondu le service dans un premier temps. 

N’ayant pas eu d’éclaircissement quant au risque d’une sanction, Michelle relance : "Si je comprends bien, il peut me visiter ? C’est permis ? Je veux juste être certaine qu’il ne recevra pas d’amende de la police", souligne-t-elle. La réponse du SPF Santé publique reste quelque peu déconcertante : "C’est toujours la police qui décide si elle verbalise ou pas. A proprement parler, ce n’est toutefois pas interdit". 

Zones d’ombre

"Il existe énormément de zones d’ombre autour des mesures du coronavirus", réagit l’avocate Liliane Verjauw. "Quoi qu’il en soit, la police n’a le droit de verbaliser que sur base d’une loi, un arrêté royal ou une ordonnance. Si dans ce cas, un agent met une amende, cela irait trop loin, car la visite est bien permise", poursuit-elle. 

La rédaction de la VRT n’a pas encore pu obtenir de réaction de la part du SPF Santé publique. Dans son dernier tweet, celui-ci se réfère toutefois à la résolution ministérielle du 17 avril, qui permet la visite d’un conjoint. "Si vous deviez quand même être verbalisée, il vous est possible de contester l’amende", concluent les autorités.