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Retour au travail ce lundi : Le témoignage de cinq Flamands sur leur sortie de confinement

À partir de ce lundi, les premières mesures de déconfinement entreront en vigueur et les entreprises qui n'accueillent pas de public pourront redémarrer. Cela signifie que de nombreuses personnes qui faisaient du télétravail ou qui étaient au chômage temporaire au cours des sept dernières semaines vont pouvoir reprendre le travail. Mais qu'en pensent ces personnes ? Sont-elles heureuses de revoir leurs collègues ou s'inquiètent-elles du risque de propagation du virus sur leur lieu de travail ? Cinq personnes, ouvrier, employé ou cadre ont exprimé leurs sentiments et leurs préoccupations à la VRT.

Kenney Verbrugghe, ouvrier métallurgiste : "Ma petite amie a un cancer du sein, à présent il va falloir briser notre bulle".

Kenney Verbrugghe (30 ans) va reprendre le travail lundi dans l'usine de transformation de métaux MVM Assistance à Maldegem (Flandre orientale).

Il a des sentiments mitigés : "Ces dernières semaines, j'étais au chômage technique. D'un côté, il faut que l'argent rentre à nouveau. Mais de l’autre côté, en étant au chômage temporaire je pouvais m’occuper de ma petite amie qui a un cancer du sein et vient de subir son deuxième traitement de chimio et aussi de ma fille qui a pu rester à la maison et n’a pas dû aller chez la mère d’accueil et ainsi a évité tout risque de contamination. Lorsque je retournerai au travail, c’est notre famille prendra cela en charge. Nous devrons bientôt briser la bulle dans laquelle nous vivons depuis 7 semaines".

Magali De Coninck, cadre pour la PME e-Pipe Benelux: "J'espère que l'interaction entre collègues ne souffrira pas des mesures de distanciation"

Magali De Coninck (45 ans) est également au chômage technique depuis le 18 mars comme tout le personnel de la PME où elle travaille à Harelbeke (Flandre occidentale).

Après être restée chez elle pendant 7 semaines, elle est très heureuse de pouvoir retrouver ses collègues de bureau "Je suis vraiment impatiente de revoir nos employés. C'était un grand changement pour moi de devoir rester à la maison du jour au lendemain". Pourtant les conditions de travail ne seront pas les mêmes. Nous sommes une petite PME où nous avons encore beaucoup de contacts entre les personnes. Ma plus grande crainte est que l'aspect social et l'interaction spontanée entre collègues ne pâtissent de ces mesures. C'est aussi une tâche difficile pour une petite PME que de mettre en œuvre toutes ces réglementations".

Koen Cardon, ouvrier de production chez Volvo Trucks : "Sortir de ma bulle me fera du bien"

Koen Cardon (41 ans) est impatient de reprendre son travail chez Volvo Trucks à Oostakker (Flandre orientale).

Depuis le 18 mars, il est au chômage technique et remplit ses journées en aidant ses enfants à faire leurs devoirs. "Il sera bon de sortir de ma bulle et de me retrouver dans un environnement différent. Que je puisse me concentrer sur autre chose que le travail scolaire des enfants". Lorsque Koen reprendra son travail à plein temps, il sera moins en mesure d'aider ses enfants et ne sait pas encore comment tout cela va se passer. "J'ai une fille de quatre ans qui est en deuxième année de maternelle et qui ne pourra pas encore retourner à l'école, peut-être devra-telle aller à la garderie. Et j'ai un fils qui est deuxième primaire et qui sera bientôt autorisé à retourner l'école. Mais on ne sait pas encore quand ni combien de jours".

Patricia Robinne, responsable de l'agence de communication Idearté : "Nous avons créé des masques dans le style de notre agence"

Patricia Robinne (50 ans) de Saint-Trond (Limbourg) se réjouit de revoir ses employés demain : "D’habitude, nous sommes 15 collègues dans l’agence, mais depuis le confinement, tout le monde travaille à la maison. Ce contact humain nous manque énormément, c'est pourquoi nous sommes très heureux que tout le monde soit systématiquement autorisé à revenir travailler dans l'entreprise".

"Nous avons pris toutes les mesures de protection possibles pour que nos employés se sentent parfaitement bien en sécurité dans les bureau. Nous avons fait placer des écrans de séparation, acheté du gel désinfectant et créé des masques dans le style de notre agence. La sécurité est importante, mais nous voulons avant tout accueillir tout le monde chaleureusement et positivement. C'est la raison pour laquelle nous avons placé une plante sur chaque bureau ainsi que des friandises pour que cette journée de reprise soit agréable".

Liesbeth Van der Borght, travaille dans un cabinet dentaire : "Nous avons pris des mesures de sécurité gigantesques"

Liesbeth Van der Borght (38 ans) de Boechout (Anvers) est manager dans un cabinet dentaire. Le cainet est fermé depuis le lundi 16 mars et elle était au chômage technique. À partir de demain, les traitements médicaux non-urgents pourront reprendre progressivement et le cabinet dentaire sera rouvert.

Cependant, d'énormes mesures de sécurité ont été prises. "Les dentistes porteront des vêtements de protection, des lunettes spéciales, uns visière et un masque buccal, exactement comme des Martiens. Les patients devront signer une déclaration attestant qu'ils ne sont pas infectés par le coronavirus. Nous ne recommencerons pas encore tous les traitements non plus. Avec ces mesures, nous pensons pouvoir travailler en toute sécurité".

Liesbeth est un peu inquiète de la façon dont elle va combiner son travail avec la prise en charge de ses enfants. "Le plus jeune se rendra à nouveau demain chez sa mère d'accueil. Mes deux enfants les plus âgés (deuxième maternelle et première année) resteront à la maison pour le moment. Je ne sais pas encore comment nous allons combiner tout cela".