Un nouveau gouvernement après la crise sanitaire? "Et si vous cessiez de vous chamailler"

Dans les coulisses de la sphère politique, on évoque de plus en plus la formation d’un gouvernement majoritaire en septembre, maintenant que la crise du coronavirus est relativement sous contrôle. "Il se pourrait que quelque chose bouge en juin, une fois que les pouvoirs spéciaux sont derrière nous", indique le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder. "Mais, s’il vous plaît, faites que ça se déroule d’une autre façon. On se passera volontiers des chamailleries de ces dernières années".

Alors que notre nouvelle société d’un mètre et demi de distance se met doucement mais sûrement en place, le monde politique trouve à nouveau le temps pour regarder plus loin que la crise sanitaire. D’après Ivan De Vadder, la situation pourrait commencer à bouger dès le mois prochain, moment où les pleins pouvoirs accordés pour une période de 6 mois au gouvernement Wilmès II ne seront plus en vigueur. 

"On entend de plus en plus dire que les responsables politiques devraient se surpasser. Pas en fanfare, ni en s’attaquant aux autres partis", indique Ivan De Vadder. "Travaillez en silence, ne faites une sortie que lorsque vous avez un résultat, mais arrêtez vos chamailleries, car on s’en passera volontiers", appelle le journaliste. 

Wilmès II jusqu’en septembre ?

Le gouvernement Wilmès II est un gouvernement minoritaire (CD&V, Open VLD et MR), ce qui signifie que les trois partis au pouvoir n’ont pas la majorité des sièges à la Chambre. "Ce gouvernement a toutefois obtenu la confiance jusqu’en septembre. A moins qu’une nouvelle formation se mette en place, le gouvernement Wilmès II peut donc, juridiquement parlant, continuer de gouverner jusqu’en septembre", souligne Ivan De Vadder. 

"D’un autre côté, les pouvoirs spéciaux prennent fin en juin. Et la plupart des partis ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas les prolonger. Résultat : tout le monde est conscient que ce gouvernement arrive à sa fin", poursuit le journaliste politique. 

Nouvelle valse PS – N-VA

Par la force des choses, les yeux seront une nouvelle fois rivés vers les deux plus grands partis du pays : la N-VA, côté flamand, et le PS, côté francophone. Ce week-end, le leader des nationalistes flamands a ouvert la danse. 

"Bart De Wever a déjà plusieurs fois déclaré qu’il voulait le plus rapidement possible mettre sur pied un gouvernement à part entière. Mais pour le moment, le PS ne réagit pas à l’appel flamand. Il semble que le message arrive trop tôt et soit décliné trop fort", analyse Ivan De Vadder. Cette situation serait liée au double message du président de la N-VA : "Bart De Wever a plusieurs fois remis le PS à sa place ces derniers temps", rappelle le journaliste. 

L’obstacle des soins de santé

La question reste aujourd’hui de savoir ce que les deux partis peuvent encore faire ensemble. "S’il y a bien quelque chose que la crise du coronavirus a mis à nu, c’est le fait que les soins de santé sont énormément morcelés", estime Ivan De Vadder. "Les hôpitaux sont sous compétence fédérale, mais les soins du secteur de la santé mentale relèvent des entités fédérées. Cette crise pourrait donc bien engendrer une réforme, en l’occurrence une réforme d’Etat, qui compliquera encore les choses". 

"Le président du CD&V a déjà indiqué qu’il valait mieux intégralement régionaliser les soins de santé, au niveau organisationnel, ce qui plaît évidemment à la N-VA. Mais les libéraux francophones du MR ne sont pas enthousiastes", relève le journaliste. 

"On n’aura donc sans doute pas une percée tout de suite", conclut Ivan De Vadder. "Mais la pression est forte. Imaginez qu’une nouvelle vague du virus frappe en octobre, et que nous n’avons toujours pas de gouvernement ? Nous devrons alors affronter la nouvelle crise avec un gouvernement en affaires courantes. Et n’était-ce justement pas la raison pour laquelle nous avons mis un gouvernement sur pied en mars dernier?"