Pour combiner garderie et réouverture des cours, les écoles font appel aux communes et entreprises

Si les écoles rouvrent leurs portes le 15 mai en Flandre à une partie de leurs élèves, pour leur donner cours selon les nouvelles règles de distanciation sociale et de sécurité sanitaire pour éviter la propagation du coronavirus, elles auront des difficultés à combiner l’accueil des enfants concernés au maintien de la garderie pour les enfants qui ne peuvent rester seuls à la maison. C’est ce qu’indiquait ce mardi matin à la VRT Lieven Boeve, directeur du réseau d’enseignement catholique. Il estime que les entreprises, les villes et communes, mais aussi des organismes qui assurent l’accueil pendant les congés scolaires devront aider les écoles à organiser l’accueil d’urgence d’enfants dont les parents doivent travailler et n’ont personne pour les garder. Le gouvernement flamand a finalement décidé ce mardi d'aider financièrement les communes qui aideront à organiser des garderies. 

Lieven Boeve estime en effet que les écoles ne pourront assurer de front la garderie - qu’elles doivent gérer depuis le début du confinement, pour les enfants dont les parents travaillent dans des secteurs essentiels - et la reprise de certains cours, dans des classes plus petites.

"La capacité des écoles est énormément réduite, en raison des mesures de sécurité sanitaire. Nous ne pourrons remplir que des demi-classes. Il faudra donner cours aux enfants qui viendront à l’école, ainsi qu’à ceux qui doivent rester chez eux et suivre des cours à distance. Il y aura aussi l’accompagnement des enfants fragilisés. Tout cela met beaucoup de pression sur la garderie", précisait Lieven Boeve à VRT NWS.

"Les écoles veulent avant tout pouvoir donner cours. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne veulent plus du tout s’occuper de garderie, mais elles n’y parviendront plus toutes seules", estime le directeur du réseau d’enseignement catholique néerlandophone.

Les villes et communes à la rescousse

D’après le ministre flamand de l’Intérieur, Bart Somers (Open VLD), les villes et communes sont en train de réfléchir comment aider les écoles. "Il faut organiser cela aussi bien que possible. C’est un vrai défi", estimait Bart Somers dans l’émission "De ochtend" (Radio 1).

"Les autorités locales s’en préoccupent déjà. Elles ne peuvent offrir toutes les solutions, mais je ne peux imaginer qu’il y ait une seule commune en Flandre qui ne soit pas actuellement en train de réfléchir à la façon d’apporter son aide".

Nathalie Debast de l’Association des villes et communes flamandes (Vereniging van Vlaamse Steden en Gemeenten) comprend la demande des réseaux d’enseignement. "Les villes et communes sont vraiment prêtes à chercher des solutions. Ce qui veut dire qu’elles sont à la recherche de locaux supplémentaires et qu’elles vont devoir mettre du personnel à l’œuvre. Ce qui coûte évidemment de l’argent".

D’après Debast, les normes auxquelles cet accueil aux enfants doit satisfaire ne sont pas encore claires. "S’il s’agit des mêmes normes que celles qui seront d’application dans les classes, ce sera presque impossible. Nous demandons une réunion d’urgence avec le ministre de l’Enseignement Ben Weyts".

Ce dernier (photo) affirme comprendre que les écoles peuvent difficilement donner cours et faire garderie de front. Il indique qu’une solution est recherchée actuellement.

BELGA

Accord face à une polémique montante

Face à la polémique qui montait ce mardi, les ministres de l'Enseignement Ben Weyts, des Pouvoirs locaux Bart Somers et du Bien-être Wouter Beke ont trouvé un accord. Une école en difficultés devra en premier ressort faire appel à tout le personnel scolaire disponible dans sa commune.

En seconde instance, lorsqu'elle estimera qu'elle ne peut assurer un accueil en toute sécurité, une école pourra alors se tourner vers ses autorités locales. "Les administrations locales, avec Kind&Gezin, disposent de l'expertise dans l'accueil extra-scolaire et elles ont aussi une bonne vue des infrastructures disponibles et des alternatives d'accueil", indique le ministre Weyts.

Le gouvernement flamand s'est aussi mis d'accord pour aider financièrement les communes à organiser cet accueil. Elles recevront 30 euros par enfant et par jour d'accueil.

L'enveloppe budgétaire pour l'enseignement augmentée

Entretemps, le gouvernement flamand a décidé dans son ajustement du budget 2020 d'augmenter encore les moyens pour l'enseignement. Le budget initial de l'exécutif flamand prévoyait déjà de relever le budget consacré à l'éducation de 362 millions d'euros par rapport à la fin de la législature précédente.

En fin de semaine dernière, dans le cadre de l'ajustement budgétaire 2020, une enveloppe complémentaire de 95 millions a été dégagée, portant donc l'augmentation totale pour l'éducation à 457 millions d'euros.

Ces moyens supplémentaires serviront à améliorer la qualité de l'enseignement obligatoire, à motiver davantage les enseignants, à financer un bon accompagnement des élèves et à construire de nouvelles infrastructures scolaires. Une partie de cet argent ira aussi au bénéfice de l'enseignement supérieur.