Les demandeurs d’asile attendent des semaines dans la rue de pouvoir s’enregistrer à l’Office des étrangers

L'enregistrement des demandes d'asile à l'Office des étrangers (OE) accuse du retard en raison des mesures de prévention prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Les candidats à l'asile doivent introduire une demande en ligne avant de pouvoir se faire enregistrer, mais seule une personne sur trois a déjà pu se rendre au Petit Château. C’est ce qu’a pu constater VRT NWS. L’information a été confirmée ce vendredi par l'Office des étrangers, qui reconnait ne pas savoir comment survivent entretemps les quelque 600 autres demandeurs d’asile.

La crise sanitaire a obligé l'Office des étrangers (OE) à adapter sa façon de travailler. Seules les demandes d'asile sur rendez-vous sont encore enregistrées. Un formulaire en ligne a été rédigé dans cette perspective, pour tenter d’éviter qu'un groupe important de personnes viennent se poster devant le Petit Château à Bruxelles.

Trois semaines après le début du confinement, un papier a été affiché à la porte du Petit Château. Il indique - en français, néerlandais et anglais - que les personnes "souhaitant demander une protection internationale doivent solliciter un rendez-vous auprès de l’Office des étrangers" via un lien repris sur ce papier. Mais pas tous les demandeurs d’asile comprennent l’une des trois langues et ont accès à l’internet, pas tous disposent d’une adresse mail pour recevoir un rendez-vous, précisait à la VRT Geert Bossaerts de l’organisation Vluchtelingenwerk Vlaanderen, qui vient en aide aux demandeurs d’asile.

Selon l'OE, ledit formulaire - en français et en néerlandais - a été rempli à 1.091 reprises le mois dernier. Dans ce nombre, il y a des doublons, ce qui signifie qu'on arrive au total à 879 demandes effectives. Et puisque tout le monde ne peut être reçu en même temps au Petit Château, il n'y a encore eu que 350 invitations envoyées, aboutissant à la visite de 270 personnes. Comme le prévoit la loi, celles-ci ont aussi reçu à manger, une possibilité de se laver et une place dans un centre d’accueil.

"Le système d'enregistrement en ligne fonctionne mais les règles de distanciation valent évidemment pour nous aussi", explique Geert De Vulder de l'Office des étrangers. Selon lui, il serait difficile d'accueillir plus de gens. "L'infrastructure au Petit Château est ce qu'elle est".

Les candidats à l'asile ne peuvent bénéficier de l'accueil que lorsqu'ils se sont fait enregistrer. Ceux qui attendent un rendez-vous doivent donc attendre dans la rue. Geert De Vulder reconnait le problème, mais nuance et souligne notamment que la Belgique a fermé ses frontières. "De nombreuses personnes se trouvent donc sur le territoire depuis plus longtemps. Une partie des demandes provient également de gens qui avaient déjà entamé une procédure".

Où sont donc les réfugiés en attente d’un rendez-vous ? "Allez voir dans le quartier de la gare du Nord à Bruxelles", indique l’organisation Vluchtelingenwerk Vlaanderen. "Vous y verrez des familles entières avec de petits enfants qui attendent dans la rue. Elles ont rempli le formulaire en ligne et ne savent pas ce qu’elles doivent faire après cela".

"C’est une situation très stressante pour ces personnes. Elles reviennent régulièrement à la porte du Petit Château, dans l’espoir que quelqu’un pourra leur donner des renseignements plus concrets. Nous non plus ne savons pas comment l’OE choisit actuellement les demandeurs auxquels il propose un rendez-vous. Qui reçoit la priorité ?"

"La situation est intenable", dénonce l’organisation flamande d’aide aux réfugiés, soulignant que "les droits des demandeurs d’asile ne sont pas respectés et cela crée des situations dramatiques. D’autant plus que la sécurité sanitaire de ces réfugiés n’est pas assurée. C’est dangereux pour eux, et pour la santé publique en général", indique encore Vluchtelingenwerk Vlaanderen.