La réouverture des commerces engendre, dans un premier temps, des files devant de grands magasins

Une bonne partie des commerces rouvraient leurs portes au grand public ce lundi 11 mai dans le cadre de la deuxième phase de sortie du confinement. Certaines grandes enseignes (Ikea, Action, Decathlon, Primark...) étaient immédiatement prises d'assaut dès les premières heures de la matinée, mais dans l'ensemble les syndicats n'ont pas constaté de débordement majeur. La situation s'est d'ailleurs calmée dans l'après-midi, tant à Bruxelles qu'à Anvers. 

Rue Neuve à Bruxelles, l'une des plus importantes artères commerciales du pays, le public se pressait dès la réouverture dans grandes enseignes, mais la situation était sous contrôle, avec l'aide de la police notamment, relevait la Centrale nationale des employés CNE. Si tout semblait se dérouler dans le calme lundi matin, les syndicats nourrissent des craintes pour les jours à venir. "Pourra-t-on assurer un tel filtrage dans la durée? ", s'interroge Delphine Latawiec, permanente CNE Commerce.

"Traditionnellement, le lundi matin n'est pas un moment de grande affluence. Il faudra voir dans les prochaines heures et le restant de la semaine", soulignait Myriam Delmée, présidente du Setca (Syndicat des employés, techniciens et cadres), en charge du commerce.

Certains citoyens avaient suivi la recommandation de port d'un masque de protection. "On s'en réjouit, mais il faut voir ce qui se passe maintenant à l'intérieur du magasin. Si le masque fait croire à celui qui le porte qu'il peut négliger les autres règles (distance sociale...), ça ne sert à rien", ajoutait Delphine Latawiec. Myriam Delmée déplorait de son côté que de nombreux clients n'en portaient pas. "Beaucoup ne semblent pas comprendre l'intérêt du masque dans la protection des travailleurs", souligne-t-elle.

De grandes enseignes d'ameublement ou de fournitures sportives étaient très sollicitées. La CNE s'interrogeait sur le caractère essentiel de ce type d'achats. Le syndicat chrétien s'attendait à des files de consommateurs devant les magasins, mais espérait plus de responsabilisation de leur part. Dans les centres commerciaux, cela semble bien se passer, précisait de son côté le Setca, "hormis quelques petits problèmes en matière de respect de distance sociale". "Il n'y a pas l'affluence qu'on aurait pu croire."

Andreas Kockartz

A Anvers, VRT NWS a pu constater que le Meir accueillait ce lundi matin une grande affluence de clients qui, pour une part, ne respectaient pas les marquages de sécurité au sol et les distances sociales visant à éviter la propagation rapide du coronavirus.  Des policiers, présents sur la plus grande artère commerçante d'Anvers, rappelaient les règles de sécurité notamment aux personnes qui ne semblaient pas venues pour faire des achats. 

Plus tard dans la journée, les files d'attente ont fondu devant les magasins et la situation était plutôt calme sur le Meir.  Ailleurs en province anversoise, notamment à Malines, Turnhout et Wijnegem, la situation était tout aussi calme ce lundi dans les rues et centres commerciaux. 

Même situation à Gand (Flandre orientale, photo) et Bruges (Flandre occidentale), où la situation était plus calme dans les rues commerçantes dès le matin, et les clients moins nombreux semblaient se tenir davantage aux règles de sécurité sanitaire. 

Alexander Dumarey

Port du masque obligatoire dans les artères commerçantes de communes bruxelloises

Les communes de la zone de police Montgomery (Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert) ont décidé de rendre obligatoire le port du masque dans certaines artères ou zones commerçantes. Les trois bourgmestres ont pris cette décision compte tenu du fait que la distance de sécurité d'un mètre et demi risque d'être difficile à maintenir dans les endroits où plusieurs commerces sont concentrés.

La commune d'Etterbeek confirme sa décision, par arrêté de police du 2 mai dernier, d'imposer le masque buccal dans certaines rues où les commerces sont nombreux. Il s'agit de la rue des Tongres, du quartier de la Chasse, de la rue de Pervyse, d'une partie de la rue Gray ainsi que de la rue de l'Escadron.

A Woluwe-Saint-Pierre, l'arrêté de police a été pris ce lundi 11 mai. Il impose le port du masque, ou de tout dispositif couvrant le nez et la bouche, dans les noyaux commerçants de Stockel et de Sainte-Alix. Concernant Woluwe-Saint-Lambert, l'arrêté sera pris mardi. La commune a décidé d'imposer ce port du masque en fonction de superficies commerciales plutôt qu'en fonction de localisations des commerces.

"L'obligation prévaudra probablement pour les surfaces commerciales de 100 m² et plus", a indiqué le bourgmestre Olivier Maingain. "Ce sont dans les commerces où il y a une forte concentration de clients que le problème du non-respect de la distance sociale peut se poser, car l'exploitant ne peut pas veiller à tout moment au respect de la distance par chacun de ses clients", a-t-il expliqué, citant notamment comme exemple le Woluwe Shopping Center.

Bruxelles
Au centre de Bruxelles
Andreas Kockartz
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