Brussels Airlines supprime 1.000 emplois et réduit de 30% sa flotte d'avions

La direction de la compagnie aérienne belge a annoncé aux partenaires sociaux, au cours d’un conseil d’entreprise extraordinaire, son intention de supprimer jusqu'à environ 1.000 emplois. Un quart du personnel de l'entreprise, qui emploie un peu plus de 4.000 personnes, est donc touché par cette annonce. Elle va également réduire sa flotte de 30%, en se séparant de 10 avions. Son réseau de destinations sera réduit de 24 destinations. Brussels Airlines (photo) souhaite grandir à nouveau une fois que la crise sanitaire sera passée. C’est en tous cas l’ambition de sa direction, a pu constater VRT NWS.

Brussels Airlines annonce devoir prendre ces mesures "substantielles et indispensables pour garantir la survie de la compagnie" face à l'impact "extrêmement négatif" de la crise du coronavirus sur ses finances et la toujours très faible demande pour des voyages en avion. Le transporteur doit réduire structurellement ses coûts à un niveau compétitif, insiste-t-il, tout en demandant le soutien de son actionnaire Lufthansa et du gouvernement belge.

La compagnie va s'attaquer à sa structure de coûts de façon structurelle et optimiser son réseau en supprimant les liaisons marginalement rentables et non rentables - au total 24 destinations ne devraient plus être desservies -, ce qui se traduira par une réduction de la flotte de 30%. Soit une dizaine d’avions.

Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure la direction, convaincue qu'avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n'est pas prévu, selon elle, avant 2023.

Les discussions en cours avec le gouvernement belge et la compagnie allemande Lufthansa restent cependant essentielles, insiste l'entreprise, qui espère une issue positive des pourparlers en cours quant à une aide d'Etat de 290 millions d'euros. Elle va, dans ce cadre, solliciter l'aide de sa maison-mère allemande pour les coûts de restructuration.

"Cette restructuration est absolument nécessaire"

Dieter Vranckx (photo), CEO de Brussels Airlines, indiquait ce mardi matin qu’une "restructuration est nécessaire, d’urgence, pour survivre à la crise sanitaire actuelle et redevenir structurellement rentable à l’avenir". L’année avait bien débuté pour la compagnie belge, "avec des résultats positifs quant au nombre de passagers et de rentrées", indiquait encore le CEO.

La compagnie avait planifié une offre estivale large, notamment pour compenser partiellement l’offre perdue à la suite de la faillite du tour-opérateur Thomas Cook Belgique. "Mais la pandémie a durement touché Brussels Airlines. Cette crise inédite a dégradé notre situation financière, ce qui nous oblige à prendre des mesures substantielles et essentielles".

Les vols de la compagnie sont suspendus depuis le 21 mars dernier et ses employés au chômage technique.

Rencontre entre le gouvernement et les syndicats

"C'est une annonce difficile pour les travailleurs et les travailleuses de Brussels Airlines ainsi que leur famille, dans un contexte où l'inquiétude est déjà omniprésente. Je recevrai les syndicats ce mardi après-midi en compagnie des ministres Alexander De Croo (photo) et Nathalie Muylle", a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès sur le réseau social Twitter.

Pour le ministre des Finances Alexander De Croo, "la première préoccupation du moment, ce sont les travailleurs de Brussels Airlines. La concertation sociale doit avoir toutes ses chances et le nombre de licenciements doit être contenu au maximum. Nous soutenons à cet égard les travailleurs et nous leur porterons aussi directement ce message cet après-midi lors de la rencontre entre le gouvernement fédéral et les représentants syndicaux. Les autorités fédérales veilleront à ce que toutes les procédures dans le cadre de la loi Renault soient correctement appliquées."

Selon Alexander De Croo, "il est nécessaire qu'un plan d'avenir crédible soit mis sur la table, prévoyant suffisamment de garanties quant au rôle que jouera Brussels Airlines après la crise. On ne veut pas d'un simple scénario de liquidation, il faut aussi qu'il y ait des investissements. Nous attendons un signal clair de la société-mère allemande Lufthansa."