Brussels Airport plaide pour un avenir durable pour Brussels Airlines

Le plan de restructuration annoncé ce mardi chez Brussels Airlines affectera également l'activité de l'aéroport de Zaventem, qui sert de base à la compagnie aérienne belge. Brussels Airport plaide donc en faveur d’un avenir durable pour le transporteur belge, qu'il considère comme un "partenaire essentiel". Quant au ministre des Finances, Alexander De Croo, il réclame des réponses claires de la maison-mère Lufthansa sur l’avenir de Brussels Airlines. Il reconnait que les négociations avec le groupe allemand sont très ardues.

Brussels Airlines représente une part de marché d'environ 40% à l'aéroport de Zaventem. La compagnie va cependant réduire ses effectifs d'environ un quart et sa flotte d'avions de 30%, passant de 54 à 38 appareils. Le nombre de destinations sera également sensiblement réduit. Cela signifie donc une activité moins importante pour Brussels Airport.

La compagnie belge fournit en effet un réseau européen solide mais aussi intercontinental avec une offre importante en Afrique, rappelle l'aéroport. Des liaisons essentielles pour sa connectivité et pour celle du pays. "L'aviation sera fortement touchée par cette crise du coronavirus l'année prochaine, et peut-être au-delà encore. L'offre reprendra de toute façon de manière lente et progressive et le nombre de passagers s'accroîtra aussi très progressivement", prédit la porte-parole de Brussels Airport.

Brussels Airlines ignore encore quelles destinations vont disparaître et on ne sait pas pour le moment si d'autres compagnies aériennes les reprendront à leur compte. L'aéroport de Zaventem souligne en tous les cas l'importance d'un plan d'avenir durable pour Brussels Airlines. "Dans le plan de restructuration qu'ils viennent de proposer, il est bien sûr important que cela fasse partie d'un plan futur pour développer et reconstruire Brussels Airlines au fil du temps. Nous voulons continuer à travailler ensemble pour un avenir durable pour Brussels Airlines avec des perspectives à long terme à Brussels Airport."

Le CEO de l'aéroport Arnaud Feist a exprimé ce mardi sa solidarité à tous les employés de la compagnie aérienne. "Je veux leur envoyer tout mon soutien et mes encouragements dans cette période difficile", a-t-il tweeté.

Les négociations avec Lufthansa sont très difficiles
Alexander De Croo, ministre des Finances

A l’issue de leur entretien avec la Première ministre Sophie Wilmès et les ministres des Finances Alexander De Croo et de l'Economie et de l'Emploi Nathalie Muylle, les syndicats se sont étonnés que le gouvernement fédéral n'ait pas été informé des détails du plan de restructuration de Brussels Airlines. Ce dernier devrait, selon les syndicats, recevoir prochainement la direction de l'entreprise et demandera des garanties claires à Lufthansa, maison-mère de l'entreprise belge, lors des négociations au sujet d’une aide d'Etat.

La ministre Muylle n'a par exemple pas été informée du lancement d'une procédure Renault de licenciements collectifs, alors qu'elle devrait normalement l'être, constatait Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. "Il semble que Lufthansa soit très dure dans les négociations selon les explications que nous a données le ministre De Croo", a encore confié le représentant du syndicat chrétien. D'après lui, le gouvernement se demande comment avoir la certitude que les engagements du groupe allemand seront respectés si l'Etat belge débloque une aide d'Etat de 290 millions d'euros.

D'après les syndicats, l'Etat va poursuivre les négociations avec Lufthansa en essayant d'avoir un maximum de garanties écrites pour l'avenir, notamment quant au statut de hub de l'aéroport de Zaventem pour la compagnie belge ou l'arrivée à moyen terme d'avions plus modernes et plus respectueux de l'environnement. Une rencontre pourrait encore avoir lieu cette semaine avec le patron de Lufthansa, Carsten Spohr, à Bruxelles, prédisent les représentants des travailleurs.

"Les négociations sont très difficiles avec Lufthansa car eux-mêmes sont en train de négocier (une aide d'Etat d'environ 9 milliards d'euros) avec le gouvernement allemand", a confirmé Alexander De Croo à son arrivée au 16 rue de la Loi, ce mardi après-midi. Il est en effet question d'une entrée de l'Etat allemand au capital du groupe aéronautique, ce qui crispe les débats. Son patron, Carsten Spohr, ne veut en effet pas entendre parler d'une immixtion des gouvernements dans la gestion de son entreprise.

Le ministre des Finances (photo) a par ailleurs insisté sur la nécessité de réduire au maximum le nombre de licenciements secs et sur celle de donner des perspectives pour le futur de la compagnie après la crise du coronavirus.

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