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“Un nouveau confinement serait le coup de grâce pour les entreprises"

Si un nouveau confinement - comme celui des 8 semaines passées - devait être décrété en Belgique, parce que le nombre de contaminations au coronavirus serait en train de remonter en flèche, environ 25% des entreprises flamandes n’y survivraient pas. C’est ce que conclut l’organisation des entreprises flamandes Voka à la suite d’une enquête auprès de 800 membres. “Un deuxième lockdown serait un bain de sang”. Le professeur Erika Vlieghe, qui préside le groupe d’experts conseillant le gouvernement sur la stratégie de sortie du confinement, estime qu’un deuxième pic de contaminations viendra, "mais la question est de savoir quand il viendra et quelle sera son ampleur". Et s’il nécessitera un deuxième confinement.

Pour éviter un second confinement - meurtrier pour l’économie - il est important que chacun respecte bien les règles de sécurité sanitaire, souligne Hans Maertens, administrateur-délégué du Voka. "Si nous assistions à une deuxième vague de contaminations, nous devrions y réagir de façon intelligente et ciblée, en mettant l’accent sur les tests et le traçage des contacts de personnes contaminées. Nous devrions alors paralyser le virus, et pas l’économie ni nos entreprises", indique Maertens. Dans le cas d’un foyer de contaminations, il serait aussi important à l’avenir de tester même les contacts qui ne présentent pas encore de symptômes du Covid-19.

Quelque 26% des entreprises questionnées par Voka estiment qu’elles ne survivront pas à un second confinement qui les obligerait à fermer ou interrompre leurs activités. Et 51% des entreprises interrogées s’attendent à ce qu’un second lockdown soit décrété, pendant l’été ou à l’automne.

D’après le Voka, 57% des entrepreneurs interrogés soutiennent en outre le confinement qui avait été décrété il y a deux mois, alors que 25% se montrent plus critiques. Il s’agirait avant tout d’entreprises ou de secteurs pour lesquels le confinement a duré trop longtemps ou reste encore en vigueur, comme le tourisme ou l’horeca.

Bain de sang

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) se montre également inquiète. Elle avait déjà évalué les dommages économiques de la crise sanitaire - sans les aides prévues par le gouvernement - à un montant pouvant atteindre 25 milliards d’euros. Dans l’éventualité d’un second confinement, la FEB estime que 5 à 10% des entreprises feront faillite.

Pieter Timmermans, patron de la FEB, indique qu’un deuxième confinement "doit être évité à tous prix. Il aurait des conséquences énormes. Nous ne pouvons plus nous le permettre. Si un lockdown s’avérait à nouveau nécessaire, nous devons le faire de façon plus ciblée : intervenir de façon drastique sur la poussée locale de contaminations, mais plus de lockdown généralisé".

Le magazine "Pano" (VRT) présente ce mercredi soir un reportage sur les conséquences du confinement. Le professeur Erika Vlieghe (photo), qui dirige le groupe d’experts conseillant le gouvernement sur la stratégie de sortie du confinement, estime qu’un deuxième lockdown pourrait être limité dans son ampleur et les secteurs. "Il ne faut pas nécessairement tout fermer, mais seulement une partie. Mais espérons que ce ne sera pas nécessaire et que nous parviendrons à l’éviter grâce à des mesures locales et la réduction des contacts sociaux".

Certains commerçants interrogés par les réalisateurs du reportage estiment que ce seront les plus "forts" qui survivront ces prochains mois. La gérante d’un magasin de mode à Heist-op-den-Berg évalue ses propres chances de survie à 50%.

D’autres entreprises se montrent très critiques face au confinement. Bernard Thiers, patron de la fabrique de recouvrements de sol Unilin le qualifie de "méthode hachoir" et estime que les politiques ont trop peu écouté le secteur économique. Au mois d’avril, Unilin a perdu 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, et estime que les conséquences négatives du confinement dureront encore de nombreux mois.