Réunion du CEO de Lufthansa avec le gouvernement belge : "début de rapprochement" à propos de Brussels Airlines

Le patron du groupe allemand Lufthansa, Carsten Spohr, était à Bruxelles ce vendredi pour y évoquer avec le gouvernement fédéral le sort de la compagnie aérienne Brussels Airlines, filiale du géant allemand. Brussels Airlines a annoncé cette semaine une restructuration qui menace un millier d'emplois, soit un quart de son personnel. Sa flotte d’avions sera réduite de 30% et une vingtaine de destinations abandonnées, au moins temporairement. Les négociations - qui tournent notamment autour d’une éventuelle aide de l’Etat belge - ont donné lieu ce vendredi à un "début de rapprochement" entre les points de vue, indiquait un communiqué de presse conjoint. Elles vont se poursuivre dans les prochains jours.

Le CEO du groupe allemand Carsten Spohr (photo) et Thorsten Dirks, coprésident de Brussels Airlines, sont arrivés en fin de matinée au siège du gouvernement fédéral pour évoquer la situation de la compagnie belge avec la Première ministre Sophie Wilmès, accompagnée des ministres des Finances Alexander De Croo et de l’Emploi Nathalie Muylle. Le gouvernement fédéral a conditionné une intervention de l'État belge - qui s'élèverait à au moins 290 millions d'euros - à des garanties qui doivent être données en vue d'une "croissance rentable, responsable du point de vue écologique et offrant des perspectives d'emploi".

Le patron de Lufthansa est lui opposé à l'immixtion du politique dans les affaires économiques. Les parties ne cachent pas que "ces dernières semaines, les contacts ont été très difficiles". Le ministre De Croo le soulignait encore mardi, à la suite de l’annonce de la restructuration de Brussels Airlines très durement touchée par la crise sanitaire. " Des progrès ont néanmoins été enregistrés au niveau du business plan", assure-t-on.

"Tant Lufthansa Group que l'État belge reconnaissent l'importance de Brussels Airlines en tant que hub économique offrant une connectivité étendue, et l'importance d'un plan de croissance ambitieux qui se concentre sur le continent africain et nord-américain."

Un compromis ne sera possible que si un accord intervient entre les partenaires sociaux et la direction de Brussels Airlines, ainsi qu'entre Lufthansa Group et l'État allemand, soulignent encore le gouvernement fédéral et l'entreprise dans leur déclaration. Les négociations vont se poursuivre les prochains jours, à propos des conditions et des formes de financement.

Nicolas Maeterlinck