De Stemming : le soutien des Flamands aux mesures de crise sanitaire s’effrite

Les mesures de prévention sanitaire prises dès mi-mars par le gouvernement dirigé par la Première ministre Sophie Wilmès ont d’abord été bien soutenues par la population, mais au fur et à mesure que l’épidémie est davantage sous contrôle et que les chiffres de contamination baissent, ce soutien aux politiques s’effrite en Flandre. D’autre part, les partis flamands au pouvoir n'ont pas réussi jusqu'ici à profiter de la crise du coronavirus pour s'attirer davantage d'opinion favorable de la part des électeurs. C’est en tous cas la conclusion d’un sondage - baptisé Le Scrutin (De Stemming, en néerlandais) - réalisé en avril par l'Université d'Anvers et l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB) pour la VRT et le quotidien De Standaard.

L'analyse a été réalisée sur base des réponses de 1.857 adultes interrogés en ligne (échantillon représentatif de la population flamande) du 9 au 28 avril. Open VLD, CD&V et N-VA - les trois partis du gouvernement flamand (et du gouvernement fédéral pour CD&V et Open VLD) - ont été les plus "en vue" auprès des sondés lors de cette crise. Mais moins de la moitié des sondés estiment qu'ils ont donné une impression positive dans leur gestion de la crise sanitaire: 43% pour le CD&V, 33% pour l'Open VLD et seulement 30% pour la N-VA.

Le reste est divisé entre "impression neutre" (de 31 à 41%) et "mauvaise impression" (26% pour CD&V et Open VLD, 33% pour N-VA). Selon De Standaard et la VRT, on peut conclure qu'aucun de ces partis jusqu'à présent n'a réussi à "profiter" réellement de la gestion de la crise pour marquer positivement les esprits.

Plus globalement, les Flamands étaient nombreux (plus des trois quarts) début avril à soutenir les principales mesures prises par les autorités dans le cadre de la crise du coronavirus (confinement, arrêt des cours dans les écoles, fermeture des commerces non-alimentaires, notamment), mais ce soutien s'est effrité au fil des jours et semaines. Interrogés sur leur soutien global à la politique corona du gouvernement fédéral, les participants montrent un pic de satisfaction (46%) vers la mi-avril, avant que ce pourcentage recule fortement jusqu'à 27% en fin de mois.

Selon les deux médias, on peut y voir une conséquence du "couac" de communication autour des éventuelles visites aux personnes en maison de repos, ainsi que de la conférence de presse tardive très commentée et critiquée du 24 avril au soir, à l'issue d'une très longue réunion du Conseil national de sécurité. La même tendance à la baisse concerne la personne de la Première ministre Sophie Wilmès (MR): plus de la moitié des Flamands (53%) trouvaient début avril qu'elle faisait bonne à très bonne impression, ce qui était revenu en fin de mois à 30%.

La ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), a vu également l’appréciation des citoyens flamands pour sa politique passer de 37% à 27% entre le début et la fin du mois d’avril. Wouter Beke, ministre flamand du Bien-être, et responsable notamment de la gestion de la politique de protection sanitaire et de testing dans les maisons de repos, a vu l’appréciation des Flamands plafonner à 21-22% pendant le mois écoulé, tandis que le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts (photo), a vu l’appréciation de son travail passer de 29% à 34% à la suite de sa coordination de la réouverture des écoles néerlandophones.