Le syndicat chrétien relance l'idée d'un impôt sur la fortune

L'accès au régime de chômage avec complément d'entreprise (RCC - l'ancienne prépension) doit être à nouveau assoupli pendant la crise du coronavirus, réclamait ce mercredi le président de la CSC Marc Leemans (photo) à la veille de l’Ascension et de la fête du Rerum Novarum. Le syndicat chrétien préconise également un impôt sur les patrimoines supérieurs à un million d'euros.

Dans un message vidéo, Marc Leemans a lancé un ensemble de mesures afin de faire face au "gigantesque choc" des 180.000 personnes menacées de perdre leur emploi à cause de la crise sanitaire. La CSC avance notamment une redistribution de la main-d’œuvre disponible grâce à une réduction collective des heures de travail.

Le syndicat réclame également des allocations de chômage plus élevées pour les personnes licenciées, ainsi qu'un assouplissement des règles du chômage avec complément d’entreprise en faveur des travailleurs plus âgés. "Je ne me fais aucune illusion. Comme lors de chaque restructuration et faillite, les travailleurs les plus âgés seront les premiers concernés", ajoute Marc Leemans. "Leurs chances de trouver un nouvel emploi dans ce contexte sont malheureusement très faibles".

Le syndicat insiste encore sur la nécessité d'une fiscalité équitable et relance sa demande d'un impôt sur la fortune - de 1% sur les patrimoines supérieurs à un million d’euros.

Crevits met en garde contre l’analphabétisme numérique

Via un message vidéo (photo) également à l’occasion de Rerum Novarum, la ministre flamande de l’Economie Hilde Crevits (CD&V) a pour sa part mis en garde contre l’analphabétisme numérique, très lié selon elle à la pauvreté. Elle encourage à un nouveau départ après la crise sanitaire, qui s’appuie notamment sur une plus grande connectivité digitale.

"Tout le monde a droit à un emploi, avec un équilibre entre sécurité et flexibilité. Une collaboration durable entre employeurs et travailleurs est la meilleure garantie pour le maintien et la création d’emplois, avec la formation et l’enseignement comme colonne vertébrale". Hilde Crevits constate que la crise a creusé encore davantage le fossé entre les citoyens qui ont pris le train numérique et ceux qui ont été forcé de rester sur le quai.

Et ces derniers sont encore trop nombreux : "Les enfants et les jeunes pour lesquels il est impossible de suivre les cours via l’internet, parce qu’ils n’ont pas d’ordinateur à la maison ou celui-ci est partagé entre trop de personnes. Les seniors qui sont seuls parce qu’ils ne peuvent entrer en contact avec leurs proches et amis via l’internet".

Crevits estime que l’analphabétisme numérique est souvent lié à la pauvreté. "Nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers avant que chaque foyer en Flandre ait une connexion internet de qualité et à prix abordable. C’est notre défi actuel, le plus grand défi depuis la Seconde Guerre mondiale", concluait la ministre de l’Economie, en appelant à la solidarité.

Les plus consultés