Pour Bart De Wever, "une coalition Vivaldi est devenue totalement impensable"

A l'heure où la Belgique s'apprête à traverser une crise économique sans précédent, il est "totalement impensable que se forme une coalition Vivaldi, sans majorité en Flandre", et donc sans la N-VA, a estimé le président du parti nationaliste flamand Bart De Wever (photo), ce lundi matin dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. De Wever réagissait ainsi aux déclarations dominicales des présidents du CD&V, Joachim Coens, et de l’Open VLD, Egbert Lachaert, qui semblent envisager un gouvernement fédéral sans la N-VA.

Le mois de septembre sera déterminant sur le plan politique. C’est alors que prendra fin le mandat de 6 mois du gouvernement minoritaire, mais de plein exercice, de coalition entre les libéraux francophones et flamands et les chrétiens-démocrates flamands. Il a été formé en urgence au départ du gouvernement en affaires courantes, dans le contexte de la crise sanitaire du Covid-19, avec la Première ministre Sophie Wilmès (MR).

Depuis quelques jours, les présidents des partis socialistes Conner Rousseau (SP.A) et Paul Magnette (PS) mènent des discussions discrètes avec les partis qui soutiennent le gouvernement aux pouvoirs spéciaux. Dans le but de tenter de former un gouvernement de pleins pouvoirs au plus tard en septembre.

Dimanche, sur le plateau de l’émission "De Zevende dag" (VRT), le président du CD&V, Joachim Coens, n'avait pas explicitement affirmé que les nationalistes flamands devraient faire partie du prochain gouvernement fédéral. Il estimait qu’il faut avant tout une bonne collaboration entre le gouvernement flamand et le futur gouvernement fédéral. Quant au tout nouveau président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, il a insisté sur la nécessité de sortir des exclusives, estimant que le contenu doit primer sur les étiquettes.

"Les choix qui doivent être posés aujourd'hui détermineront notre bien-être pour la décennie à venir" et ces choix ne peuvent intervenir que dans le cadre d'un gouvernement qui dispose d'une majorité en Flandre", leur a répondu ce lundi Bart De Wever sur Radio 1 (VRT). "J’espère que chaque président de parti comprend maintenant qu’il est totalement impensable de former une coalition Vivaldi".

"Les tensions entre le Nord et le Sud, au sein de la zone euro, vont devenir extrêmes. La question est de savoir à quel côté on appartient. La Flandre est aux côtés des Pays-Bas, du Danemark et de l'Allemagne et c'est là que nous devons rester. Les choix que nous faisons aujourd'hui détermineront si nous le pouvons", a ajouté le président de la N-VA.

"Pouvons-nous trouver un compromis entre ce que Paul Magnette dit et ce que nous disons? On peut, si on consacre du temps à discuter des problèmes, mais il faut aussi passer du chaos institutionnel à un schéma de solution", a poursuivi Bart De Wever.

Selon le journaliste politique de la VRT Ivan De Vadder (photo), il est encore impossible d’entrevoir si la N-VA fera ou non partie de la coalition fédérale. "A ma connaissance, les discussions sont menées par les présidents des deux partis socialistes à une dizaine de partis. La N-VA est encore toujours étroitement impliquée dans ces discussions".

"Actuellement, on ne voit pas la tendance pencher plus dans une direction (sans la N-VA) que dans l’autre (avec le parti nationaliste flamand). Attendons donc encore avant de conclure que la N-VA se trouve totalement dans la marge", concluait Ivan De Vadder.

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