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Plan de relance UE: "Tout faire pour un accord avant le congé d’été", plaide Michel

Le président du Conseil européen, Charles Michel (photo), a exhorté les dirigeants européens à "tout faire" pour obtenir un accord sur le Plan de relance de l’UE avant les vacances d'été. Les citoyens et les entreprises lourdement frappés par la crise nécessitent en effet "une aide ciblée sans délai", rappelle l’ancien Premier ministre belge. Le ministre des Finances Alexander De Croo salue un plan qui offre un bon équilibre entre "solidarité et responsabilité".

Le Conseil du 23 avril dernier avait chargé la Commission européenne d'établir une proposition de fonds de relance, qu'elle a présentée ce mercredi en brisant deux tabous: celui d'un emprunt commun à 750 milliards d'euros, à rembourser notamment via d'importantes nouvelles ressources. Ces deux aspects devraient susciter des tensions entre les 27 Etats membres.

La proposition de fonds de relance, ainsi que celle sur le budget pluriannuel, vont être étudiées par le Conseil européen, tandis que Charles Michel reprend ses consultations des Etats membres. Le sujet reviendra sur la table des 27 au sommet du 19 juin prochain. "J'invite instamment tous les États membres à examiner rapidement la proposition de la Commission et à œuvrer de manière constructive à un compromis dans le meilleur intérêt de l'Union", a plaidé Charles Michel. Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a salué le plan de relance, en évoquant "un excellent signal de Bruxelles".

L'Italie (photo), particulièrement touchée par la pandémie, sera le principal bénéficiaire de ce plan de relance, avec 172,754 milliards d'euros, ont indiqué des sources européennes. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire a lui aussi appelé tous les Etats membres de l'Union européenne, "y compris les quatre frugaux" (Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède) à soutenir le plan de relance "historique". "L'UE est au rendez-vous de l'Histoire", a-t-il ajouté devant le Sénat.

Les Pays-Bas, de leurs côtés, ont jugé qu'il était prématuré de réagir aux propositions. "Mais notre position de base est connue", a réagi une source diplomatique néerlandaise à Bruxelles, citée par l'agence néerlandaise. Les quatre frugaux n'envisagent théoriquement que des prêts aux Etats dans le besoin, encore que le ministre autrichien des Finances ait ouvert la porte à des subventions mardi.

On notera que dans sa proposition de budget pluriannuel, la Commission européenne propose de maintenir les rabais dont bénéficient ces quatre pays ainsi que l'Allemagne. Si un accord se dégage au Conseil, il devra ensuite être négocié avec le Parlement européen.

LaPresse

Alexander De Croo salue un plan équilibré

Le ministre belge des Finances Alexander De Croo (Open VLD) a estimé ce mercredi que le plan proposé par la Commission européenne pour soutenir la relance post-coronavirus à travers les 27 Etats membres de l'UE offrait un bon équilibre entre "solidarité et responsabilité".

Le plan présenté suit la volonté de la Belgique en ce sens qu'il comporte aussi bien des prêts que des subsides, et lie les aides "à des conditions et des réformes", pointe le ministre. "C'est la seule façon pour l'Europe de sortir plus forte de cette crise." La Commission agit intelligemment en proposant d'emprunter elle-même sur les marchés financiers, pour profiter de sa bonne notation financière qui permet des taux d'intérêt avantageux, rappelle le ministre des Finances, qui espère voir cette proposition adoptée par les 27 Etats membres.

Dans ce débat, il faut "sortir" des oppositions stériles "nord contre sud", qui se manifestent depuis des mois dans les difficiles tractations autour du budget pluriannuel de l'Union, estime Alexander De Croo. Comme l'ont rappelé aussi au Parlement européen des élus de différents bords, les pays du "nord" de l'Europe qui s'opposent ces derniers mois aux demandes de l'Italie (entre autres) d'une forme d'endettement commun auraient beaucoup à perdre d'un marché unique grevé par un pays qui sombre financièrement.

"Avec les pays scandinaves, l'Autriche et les Pays-Bas, la Belgique fait partie des pays qui profitent le plus du marché unique européen. Chaque jour, nous gagnons plus de 4% grâce à notre accès au marché unique européen. La Belgique a tout intérêt à ce que l'économie européenne se remette rapidement sur pied et à ce qu'aucun pays du Sud ne sombre", a plaidé le ministre belge des Finances (photo).

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