Sécheresse : "Les compagnies d’eaux flamandes assurent pouvoir surmonter l’été"

Alors que la période de sécheresse persiste au nord du pays, les compagnies des eaux ont assuré à la ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA), qu’elles pourront surmonter le cap de l’été. Invitée sur le plateau du journal de la VRT, la ministre a admis que la politique de gestion de l’eau avait jusqu’ici été négligée. Elle prévoit dans ce cadre une série de mesures.

Pour la quatrième année consécutive, la Flandre connaît une période de sécheresse inquiétante. Le niveau des eaux sous-terraines demeure insuffisant, alors que les mois d’avril et de mai ont été les plus secs depuis le début des mesures en 1833. Il y a dix jours, certains quartiers de la commune d’Overijse (Brabant flamand) s’étaient ainsi soudainement retrouvés privés d’eau.

Alors que de nombreux citoyens se posent des questions sur les réserves de la Flandre, la ministre Zuhal Demir a indiqué avoir contacté les différentes sociétés qui produisent et distribuent de l’eau potable. "Elles ont assuré que nous pourrons surmonter l’été", a-t-elle fait savoir.   

Négligence

Selon la ministre, des mesures à long terme, et donc structurelles, vont devoir être prises. "Nous savons ce qu’il faut faire, il y a suffisamment d’études et de connaissances en la matière. Je vais rassembler toutes les mesures et je les présenterai au gouvernement flamand pour dégager les moyens financiers nécessaires, car cela coûte évidemment de l’argent", a commenté Zuhal Demir.

La ministre a admis que la gestion de l’eau avait jusqu’ici été négligée. "Nous y avons accordé trop peu de temps, d’énergie et de moyens", a-t-elle souligné.

Un problème de béton

En Flandre, 15% du sol est solidifié, soit deux fois plus que la moyenne européenne. Chaque jour, 3 hectares de béton, asphalte ou brique, s’y ajoutent. Résultat : l’eau de pluie qui tombe dessus est perdue.

D’après Zuhal Demir, il faut viser à ce que davantage d’eau puisse s’infiltrer. Elle annonce ainsi une diminution de 20% de solidification du sol d’ici 2050.

Mieux profiter des fortes averses

Zuhal Demir évoque par ailleurs l’installation de barrages et de cuves tampons. Elle souligne ainsi que le changement climatique nous mène à connaître des averses de pluie plus courtes mais plus fortes. Les cuves tampons permettraient de mieux recueillir et préserver ces grandes quantités d’eau.

A travers un "bonus infiltration", la ministre veut également inciter les particuliers et les entreprises à installer des puits permettant la réutilisation de l’eau de pluie. Les industries devraient, selon elles, davantage recycler leurs eaux usées afin de pouvoir également les réutiliser.

"La Flandre n’est pas prête"

D’après le professeur en gestion de l’eau de la KU Leuven, Patrick Willems, la Flandre n’est pas prête à affronter la sécheresse. "A cause du changement climatique, nous avons de plus en plus de longues périodes sèches. Nous devons vraiment mener une politique afin d’avoir des réserves suffisantes pendant ces périodes, et de ne plus devoir retenir son souffle en se demandant ce qui va arriver", commente-t-il.

On notera que l’assèchement du sol pose un sérieux problème car il mène au durcissement de la terre. L’eau de pluie ne parvient dès lors plus à s’y infiltrer. Les terrains sont par conséquent inondés alors que les nappes phréatiques ne se remplissent pas.  

Les plus consultés