Importante hausse du phénomène de "sextorsion" et de fraude en ligne pendant le confinement

Ces dernières semaines, le SPF Economie a constaté une forte augmentation du nombre de signalements relatifs aux escroqueries par "sextorsion", ou chantage aux photos intimes, écrit le journal dominical De Zondag. L'Inspection économique a par ailleurs reçu l'an dernier 29% de signalements de fraude sur internet en plus.

En avril, le SPF Economie a reçu 4.626 déclarations de fraude, soit 154 par jour. C'est deux fois plus que l'année dernière à la même période.

De ces signalements, 1.300 concernaient des escroqueries par sextorsion, soit 43 par jour. Selon la ministre de l'Economie Nathalie Muylle (CD&V), il s'agit d'une multiplication par sept par rapport au mois précédent.

"Bien que le lien avec le confinement ne soit pas établi, il va de soi que les auteurs de telles fraudes misent sur une augmentation de la consommation de contenus pornographiques lors de cette période", estime-t-elle.

La sextorsion est punissable : il s'agit à la fois de chantage et d'escroquerie, deux infractions graves. Les escrocs font croire par mail à leurs victimes qu'ils les ont prises en photo ou filmées pendant qu'elles regardaient des sites pour adultes. Si elles ne leur versent pas l'argent ou les bitcoins qu'ils réclament, ils les menacent de diffuser les images.

Les particuliers ciblés par les fraudeurs

D’après la ministre de l'Economie Nathalie Muylle (CD&V), l'Inspection économique a reçu l'an dernier 29% de signalements de fraude sur internet en plus. Le point de contact du SPF Economie a reçu 9.142 signalements pour une fraude de ce type en 2019, contre 7.082 l'année précédente (+29%).

L'augmentation concerne principalement les particuliers. Les plaintes les plus courantes sont des pratiques frauduleuses, de la publicité non souhaitée, des biens ou services non livrés ou prestés, des atteintes à la protection des données ou des livraisons non désirées. Ces signalements sont presque tous transmis à l'Inspection économique. Le nombre de plaintes pour des boutiques en ligne de contrefaçon est en hausse de 3,3%.

Fin mars 2020, 13 PV avaient déjà été dressés, soit plus que la moitié de ceux rédigés sur toute l'année 2019. Depuis 2015, 8.858 boutiques en ligne frauduleuses ont été fermées par l'Inspection économique et la douane.